23 avril 2018

C'est lundi que lisez-vous ? #183


RENDEZ-VOUS REPRIS ET ORGANISÉ PAR GALLEANE.
LE PRINCIPE EST SIMPLE ET SYMPA, CHAQUE LUNDI LE BLOGUEUR
QUI SE PRÊTE AU JEU DOIT RÉPONDRE À TROIS QUESTIONS : 


QU'AI-JE LU LA SEMAINE PASSÉE ?



  • Play boy de Constance Debré | Stock - 10/01/2018
L'auteur nous propose un récit de vie en trois parties où il sera question d'amours, de ruptures le tout saupoudré de nihilisme absolument délectable. Trois parties, trois étapes de sa vie : dans la première elle découvre qu'elle préfère les femmes, dans la seconde elle apprivoise de nouveaux désirs et découvre de nouveaux plaisirs, dans la troisième c'est l'heure du désenchantement.

Constance transpire la confiance, elle ne doute d'aucun de ses choix. Elle prend des décisions, des positions et assume le tout. Elle se libère de l'opinion et du regard des autres avec l'aisance de l'égoïsme, c'est inspirant. C'est pince-sans-rire, c'est provocant et c'est cru. C'est ordinaire et au-delà de la norme.

​Avant de commencer ce titre je ne savais rien de l'histoire, de l'intrigue. Résultat, je suis allé de surprise en surprise. On est plongé in medias res dans le quotidien de Simon, avec ses pensées, ses questions, ses tourments. Un échange de mail s’invite dans la narration, et c’est une très bonne surprise. Le ton est léger, les sujets le seront moins. C’est plaisant.

C'est un roman positif et bienveillant qui porte sur le coming out, l'estime de soi et la réalisation de soi. J'ai trouvé l'ambiance assez utopiste, mais c'est utopie à laquelle j'ai bien envie de croire alors pourquoi pas. À côté de ce dégoulinement de bonnes intentions, il y a dans ce roman un personnage dont le comportement est tout simplement révoltant et il n'est sanctionné à aucun moment. Ce qui, je dois admettre, m'agace de plus en plus à chaque fois que j'y repense.



QUE SUIS-JE EN TRAIN DE LIRE EN CE MOMENT ?





QUE VAIS-JE LIRE ENSUITE ?


Cette semaine, je ne m'impose pas mes lectures suivantes.
Bonne semaine de lectures ! 
Au plaisir.

19 avril 2018

Je Dis : BD #32


LIBREMENT INSPIRÉ DU RENDEZ-VOUS "C'EST LUNDI, QUE LISEZ-VOUS ?"JE VOUS PROPOSE, CHAQUE JEUDI, UN NOUVEAU RÉCAP' HEBDOMADAIRE DE MES LECTURES DE BANDES DESSINÉES, DE MANGAS ET D'ALBUMS !



QU'AI-JE LU LA SEMAINE PASSÉE ?


  • Juste un peu de cendres de Day Thomas (1971-....) | Glénat - 25/10/2017
Acheté pour sa couverture... je suis ravie d'être tombée sur cette pépite ! L'histoire est intrigante, en plus d'être originale et terriblement bien construite. Elle s'appuie sur des "faits divers" réels et des situations concrètes, ce qui donne une touche de véracité effrayante à l'histoire. 

Et pourtant, on est loin, même très loin du réel ! Il s'agit tout de même d'une intrigue à base créatures horrifiques, dites de cendres, marginales au début du récit, mais qui se multiplient au point de devenir pandémique au fil des pages. Leur prolifération n'est pas un problème en soi c'est plutôt les disparitions d'hommes et d'animaux qu'elles provoquent qui est problématique.

D'apparences humaines, seules les personnes ayant les yeux vairons peuvent distinguer leur vrai nature. Automatiquement, ces derniers deviennent la cible prioritaire des créatures. 

L'héroïne, Ashley Torrance, une jeune fille de 17 ans aux yeux vairons, va, au péril de sa vie, tenter de percer leurs secrets et surtout leur genèse. Avec elle, on avance dans l'histoire en allant de question en question. Ô joie, les réponses ont du sens !!

Côté dessin : la beauté ! ​Graphisme saisissant, couleurs et mise en page incroyable. L'association entre photos et illustrations sur certaines planches est tout simplement démentielle. 

  • Baddawi : une enfance palestinienne de Leila Abdelrazaq | Steinkis éditions - 24/01/2018
Un témoignage touchant sur la situation palestinienne entre 1959 et 1980. L'auteur nous raconte la vie d'Ahmad et de sa famille (quand il n'en est pas séparé) de leur départ précipité, à leur vie dans les camps de réfugiés au Liban, en passant par les guerres civiles et les attaques ciblées. On découvre sous le regard d'un enfant la situation, les situations, d'un conflit.

Côté dessin : j'ai été très touchée de reconnaître l'hommage de l'auteur au très célèbre Handala de Naji Al Ali.



QUE SUIS-JE EN TRAIN DE LIRE EN CE MOMENT ?




QUE VAIS-JE LIRE ENSUITE ?

BONNE SEMAINE DE LECTURES ! 
AU PLAISIR.

17 avril 2018

L'archipel du Chien de Philippe Claudel


J'ai découvert ce roman grâce aux éditions Stock.
Merci à vous, pour cette opportunité de lecture !

Résumé :
« Le dimanche qui suivit, différents signes annoncèrent que  quelque chose allait se produire.Ce fut déjà et cela dès l’aube une chaleur oppressante, sans  brise aucune. L’air semblait s’être solidifié autour de l’île,  dans une transparence compacte et gélatineuse qui déformait  ça et là l’horizon quand il ne l’effaçait pas : l’île flottait au milieu de nulle part. Le Brau luisait de reflets de  meringue. Les laves noires à nu en haut des vignes et des  vergers frémissaient comme si soudain elles redevenaient  liquides. Les maisons très vite se trouvèrent gorgées d’une haleine éreintante qui épuisa les corps comme les esprits.On ne pouvait y jouir d’aucune fraîcheur.Puis il y eut une odeur, presque imperceptible au début, à  propos de laquelle on aurait pu se dire qu’on l’avait rêvée,  ou qu’elle émanait des êtres, de leur peau, de leur bouche,  de leurs vêtements ou de leurs intérieurs. Mais d’heure en  heure l’odeur s’affirma. Elle s’installa d’une façon discrète,  pour tout dire clandestine. »

Moi j'en dis :
Dans L'archipel du chien, une voix s'élève et s'adresse au lecteur. Elle lui présente la situation, sans jugement, sans commentaire, l'effet n'en est que plus féroce. Cette voix a résonné en moi comme un écho. L'auteur est ici le haut-parleur de mille et une questions, de mille et une vérités qui gravitent autour de nous, mais que personne n'ose ni penser, ni poser.

L'histoire c'est celle de 6 habitants ordinaires, d'une île ordinaire. Un matin, leur routine est bouleversée par une découverte macabre qu'ils font sur les rives. Trois cadavres se sont échoués, "trois corps d’hommes noirs, simplement vêtus de tee-shirts et de pantalons de jean, les pieds nus, qui paraissaient dormir, le visage contre la grève". Que vont-ils faire ? La question est limpide, la réponse beaucoup moins.

Ils sont six à savoir, l'un d'eux a déjà parlé.
Dans ce huis clos à ciel ouvert, se joue un secret contre une vérité.
Se joue, le silence pour la viabilité d'un projet économique contre l'humanité et la dignité.

Lié par le secret, chacun va le porter à sa manière.
Lié par un déni, chacun va s'arranger avec sa conscience.

Ce groupe, c'est un échantillon de l'humanité. Chacun représente une réaction possible, face à une situation donnée. L'échelle des réactions entre préoccupation et consternation est polluée par des facteurs extérieurs. Ainsi, il y a celui qui ne veut pas que ça perturbe son confort et son quotidien ; celui qui est préoccupé par le qu'en-dira-t-on, celui qui s'intéresse aux répercussions et aux problématiques économiques ; celui qui est impliqué mais pas concerné, celui qui est concerné mais pas impliqué. Et évidemment, il y a celui qui se lève et s'indigne.

Ce groupe va être ballotté par deux leaders, deux personnes qui s'opposent, l'un étant le reflet négatif de l'autre. Les autres ne sont que des suiveurs, évidemment les suiveurs de celui qui parlera le plus fort. Ce sont des lâches ordinaires, ceux qui assistent à une situation mais ne prennent pas position. La bataille sera féroce et déloyale.

 

Verdict : L'histoire commence à peine qu'on est capté tout entier par le récit. Pas d'efforts à faire pour se concentrer, l'esprit est complètement captivé par les mots. Ils sont nombreux ces livres dont on dit "Il mérite d'être lu d'une traite". Ils sont peu ce qu'ils le sont vraiment. L'archipel du chien en est un ! Comment s'arrêter sans avoir le fin mot de l'histoire ? Sans savoir jusqu'où l'homme est disposé à aller pour protéger ses intérêts ?

Ce roman c'est une démonstration fine est féroce du processus que certains appliquent pour déshumaniser les migrants, ce refus de dignité qu'il les fait mourir une deuxième fois. Il aborde à merveille la prise de recul pour se déculpabiliser ; cette conscience avec laquelle on s'accommode ; ce sacrifice de l'individu pour le groupe. Ce roman fait mal à l'Homme. Il met en lumière sa vérité, sans jugement, sans commentaire.

Bonus : Pour récupérer mon exemplaire ? Simple : laissez un commentaire ou envoyez-moi un mail (bibhorslesmurs@gmail.com). Un tirage sera organisé pour départager les participants ;-)

Les infos : 
Date de parution : 14/03/2018
Editeur : Editions Stock
Nb. de page : 288 pages
Prix : 19.50€

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.

16 avril 2018

C'est lundi que lisez-vous ? #182


RENDEZ-VOUS REPRIS ET ORGANISÉ PAR GALLEANE.
LE PRINCIPE EST SIMPLE ET SYMPA, CHAQUE LUNDI LE BLOGUEUR
QUI SE PRÊTE AU JEU DOIT RÉPONDRE À TROIS QUESTIONS : 


QU'AI-JE LU LA SEMAINE PASSÉE ?


  • L'archipel du Chien de Philippe Claudel (1962-....) | Stock - 14/03/2018
Dans L'archipel du chien, une voix s'élève et s'adresse au lecteur. Elle lui présente la situation, sans jugement, sans commentaire, l'effet n'en est que plus féroce. Cette voix a résonné en moi comme un écho. L'auteur est ici le haut-parleur de mille et une questions, de mille et une vérités qui gravitent autour de nous, mais que personne n'ose ni penser, ni poser.

L'histoire commence à peine qu'on est capté tout entier par le récit. Pas d'efforts à faire pour se concentrer, l'esprit est complètement captivé par les mots. Ils sont nombreux ces livres dont on dit "Il mérite d'être lu d'une traite". Ils sont peu ce qu'ils le sont vraiment. L'archipel du chien en est un ! Comment s'arrêter sans avoir le fin mot de l'histoire ? Sans savoir jusqu'où l'homme est disposé à aller pour protéger ses intérêts . 

Ce roman c'est une démonstration fine est féroce du processus que certains appliquent pour déshumaniser les migrants, ce refus de dignité qu'il est fait mourir une deuxième fois. Il aborde à merveille la prise de recul pour se déculpabiliser ; cette conscience avec laquelle on s'accommode ; ce sacrifice de l'individu pour le groupe. Ce roman fait mal à l'Homme. Il met en lumière sa vérité, sans jugement, sans commentaire.

  • Tout le pouvoir aux soviets Patrick Besson (1956-....) | Stock - 17/01/2018
L'histoire c'est celle d'un père, René et d'un fils, Marc. Ils ne se ressemblent pas, l'un travaille dans la finance, l'autre est un fervent communiste. Toutefois, ils sont à un passage de leur vie, où ils se reconnaissent de la situation de l'autre. 

Marc vient de rencontrer une femme, en l'occurrence une Russe du nom de Tania. Coïncidence la mère de Marc s'appelle Tania et elle est également russe. La coïncidence ne s'arrête pas là. Marc, le fils de René Martouret et Tania n'est autre que l'arrière-petite-fille de Vladimir Dodikov, deux hommes qui ont partagé une amitié et plus d'un secret.

L'auteur nous raconte deux (ou plutôt trois) histoires (d'amour) en parallèle. Dans l'une, on retrouve des problématiques du présent. Dans les deux autres, on retrouve l’URSS de Brejnev, Lénine, Staline, le régime soviétique dans toute sa splendeur et sa paranoïa, avec ses énigmes, ses stratégies, ses combines politiques, ses menaces. 

Les histoires se croisent, se complètent, se démentent. Le tout sous une écriture dynamique et entraînante bourrée de phrases âpres et acerbes sur différents comportements actuels ou passés. Le style vif avec des touches d'impertinences, notamment dans les dialogues qui se transforment rapidement en joutes verbales. 

  • ​Les chroniques de Ren, tome 1 : Prisonnier de Faith Kean | MxM Bookmark - 11/09/2015
J'ai commencé ce livre avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d'enthousiasme en janvier dernier. Il faut dire que les avis étaient dithyrambiques. 

J'ai trouvé l'histoire, l'intrigue et les rebondissements passionnants. Ce premier tome est dense. Il s'y passe une pléthore de choses. Les actions des uns, ont des conséquences sur les autres qui entraînent des réactions... qui invitent à de nouvelles actions. Et ainsi, s’enchaîne et se bouscule une succession de rebondissements. C'est cohérent, c'est sensé. Tout s'imbrique à merveille. 

Au-delà de l'action, l'univers original proposé par l'auteur est intéressant avec une cosmogonie prometteuse. 

Avec tout ça, la grande question est : pourquoi je traîne cette lecture depuis le mois de janvier ? L'écriture ! J'ai avancé dans ma lecture avec beaucoup de peine. J'ai passé un temps fou à reformuler les maladresses d'écritures dans ma tête ; à replacer correctement la ponctuation et à frémir à toutes les répétitions !



QUE SUIS-JE EN TRAIN DE LIRE EN CE MOMENT ?



QUE VAIS-JE LIRE ENSUITE ?


Cette semaine, je ne m'impose pas mes lectures suivantes.
Bonne semaine de lectures ! 
Au plaisir.

12 avril 2018

Je Dis : BD #31


LIBREMENT INSPIRÉ DU RENDEZ-VOUS "C'EST LUNDI, QUE LISEZ-VOUS ?"JE VOUS PROPOSE, CHAQUE JEUDI, UN NOUVEAU RÉCAP' HEBDOMADAIRE DE MES LECTURES DE BANDES DESSINÉES, DE MANGAS ET D'ALBUMS !



QU'AI-JE LU LA SEMAINE PASSÉE ?



  • Collaboration horizontale de Mademoiselle Navie et Carole Maurel (1982-....) Delcourt - 25/01/2017
Repérée au moment de la rédaction de mon article « Bande dessinée et romance » pour le webzine les romantiques, je l’avais ajouté à ma WL pour aussitôt l’oublier. Et puis nos routes se sont croisées et je n’ai pas hésité.

Quelle histoire ! Celle de Rose, celle de ses amies et voisines, celle de l’immeuble entier, celle de la France occupée en 1942. Il y a dans leur quotidien beaucoup d’amour et de solidarité, encore plus de secrets et de mystères... et aussi de la délation et des trahisons. L’auteur amène le tout avec beaucoup d’intelligence, elle le fait sans concessions et rend à l’homme toute son ignominie.

Côté dessin : C’est tout simplement renversant.

  • Geronimo de Matz et Jef (1967-....) Rue de Sèvres - 15/03/2017
Je ne suis pas une grande fan des histoires d’Indiens, de cow-boy et plus largement de western. Maaaaaaaais comment résister à cette couverture ?

L’histoire est passionnante. C’est celle de Goyahkla aka Geronimo, un chaman devenu guerrier de renom après le massacre de son village et notamment de la mort de sa mère, sa femme et ses trois enfants.

Il va associer à sa vengeance différentes tribus Apaches, ensemble, ils vont mener des raids de plus en plus redoutables. D'exactions en exactions, on assiste à une escalade de la violence. Quand soudain, un nouvel ennemi entre dans la partie.

Côté dessin : La palette de couleurs est divine ! Alors que je suis tombée en pâmoison face aux paysages et aux décors, j’ai eu beaucoup de mal avec les personnages. J’ai trouvé le trait des expressions très rude... Ça a évidemment du sens, mais je n’ai pas été emballée.

  • Giant, Vol. 1 de Mikaël (1974-....) Dargaud - 02/06/2017
Oh la bonne surprise. Je l’ai vu passer dans les meilleures ventes et évidemment, ma curiosité a été titillée.

New York, 1932, sur les chantiers des buildings de Manhattan, notamment celui du Rockefeller Center, on rencontre Giant et ses collègues irlandais. Avec eux, on découvre une époque, une population immigrante pleine de rêves et d’espoir. Et surtout, surtout, on rencontre Giant, tout en carrure et en silence. Il va malgré lui se retrouver embarquer dans une correspondance régulière avec la veuve d’un de ses défunts collègues. Il devait lui annoncer la mort de celui-ci, il n’a pas pu s’y résigner. 

J’ai été complètement embarquée. L’histoire, le dessin et l’intrigue : tout est original, tout est passionnant. Il me tarde de lire la suite. D’ailleurs, quand j’ai découvert que je n’aurai pas le fin mot de l’histoire à la fin de l’album, j’ai hurlé à la frustration.
Côté dessin : C’est beau ! La colorisation est dingue.


QUE SUIS-JE EN TRAIN DE LIRE EN CE MOMENT ?




QUE VAIS-JE LIRE ENSUITE ?

BONNE SEMAINE DE LECTURES ! 
AU PLAISIR.

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