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#BlogLife - Prix du livre Lorientales 2018

9 juin 2018


En Mars dernier, j'ai eu le plaisir de découvrir que ma candidature pour devenir jurée du 8ème Prix du livre Lorientales 2018 avait été retenue !

Un prix qui récompense un titre dont le récit, les personnages ou l'action se réfèrent à l'univers oriental, parmi l'ensemble de livres édités entre le 1er janvier et le 31 décembre de l'année passé. Plus d'infos, par ici.

Quel privilège, quel honneur pour la petite bibliothécaire (et encore plus petite blogueuse) que je suis de participer au jury du prix qui a révélé en 2016 le Très Grand Niroz Malek pour son roman Le Promeneur d'Alep (éditions Le Serpent à plumes).

Pour cette nouvelle édition, voici la liste des livres sélectionnés par le comité de lecture, la liste des livres que les jurés doivent départager :⠀
❤️ Zabor de Kamel Daoud, Actes sud⠀
❤️ Sors, la route t’attend de Slimane Zeghidour, Les Arènes⠀
❤️ L'amas ardent de Yamen Manai, Elyzad⠀
❤️ La terre qui nous sépare d'Hisham Matar, Gallimard⠀
❤️ La religion de ma mère de Karim Akouche, Écritures⠀

Les délibérations pour célébrer le lauréat de l'édition 2018 auront lieu, aujourd'hui, samedi 9 juin à Lorient. Nous saurons cet après-midi à 16h quel titre succède à "Le bleu entre le ciel et la mer" de Susan Abulhawa (Éditions Denoël) (livre Lorientales 2017) et "Le Promeneur d'Alep" de Niroz Malek (Éditions Le Serpent à plumes) (livre Lorientales 2016). En attendant, je vous propose de découvrir mes avis de lecture et évidemment, mon favori de la sélection !


  • Sors, la route t'attend de Slimane Zeghidour (Les Arènes - 16/02/2017)
La Kabylie, l'Algérie et la France. 
Cohabitation, Assimilation, Guerre. 

Alors que l'oubli est prescrit, l'auteur se souvient de tout : des petits et des grands événements, mais aussi des anecdotes de l'ordinaire et du mysticisme de certaines croyances et coutumes. Il nous raconte et se raconte. Il nous parle des siens avec nostalgie, il nous parle du rapport de la France sur l'Algérie avec lucidité. Il nous parle de la guerre d'Algérie sans louvoyer : torture, camp de regroupement, luttes de clans, disparitions, rafles, trahisons. Au même moment, il nous parle aussi de sa plongée dans le XXe siècle : l’électricité, les voitures, l'école (Ah l'école et son institutrice flamboyante). Il nous parle du passé, et il nous interroge sur le présent et l'avenir. Entre autobiographie et reportage historique, c'est surtout un livre qui nous emporte. 

Je dois dire que j'ai commencé cette lecture sans empressement et puis de page en page, je me suis complètement emballée. L'auteur est un véritable conteur, son écriture est extraordinairement évocatrice !


  • L'amas ardent de Yamen Manai (Ed. Elyzad - 14/04/2017) | Prix des Cinq continents de la francophonie 2017, Grand prix du roman métis 2017.⠀
Une menace sans précédent bouleverse la routine de Don, un apiculteur solitaire. Pour sauver ses ruches, il va devoir sortir de sa zone de confort et renouer avec un monde qui avait fait le choix de quitter il y a quelques années ! ⠀

Passionnant ! Passionnant ! Passionnant ! ⠀

Un thriller apicole sur fond de manigance et de tractation politique et pseudo-religieuse. ​L'écriture est dingue, l'histoire est passionnante, les problématiques soulevées sont intelligentes (et abordées sans concessions), les personnages sont canons. J'ai adoré ! ⠀


  • Zabor. ou Les psaumes de Kamel Daoud (Actes Sud - 16/08/2017) | Prix Méditerranée - 2018. Prix Transfuge du meilleur roman de langue française - 2017.
C'est un roman qui choisit ses lecteurs !
Selon les profils de lecteur :
  • soit il le laisse pénétrer et l'emporte; 
  • soit il devient hermétique et la lecture d'une page en plus devient douloureuse. 
Ce roman, il mérite toute l'attention et la concentration du lecteur et paradoxalement, d'entrée de jeu il faut accepter de s'y perdre et de ne pas tout saisir dans l'instant, mais d'avoir le plaisir de la révélation par la suite.

L'histoire, c'est celle de Zabor, orphelin (réel de mère, symbolique de père). Marginalisé par la communauté dans laquelle il vit, il se nourrit de livre et d'écriture au point de se convaincre d'avoir un pouvoir : celui de repousser la mort de quelqu'un s'il écrit en sa présence. Il est le dernier recours, l'appel de secours quand un de ces semblables semble être au trépas. Pas amer pour un sou, il se prête à l'exercice pour sauver des vies, bien que nul ne lui rende ! Mais en sera-t-il de même, quand son demi-frère l'appellera au chevet de leur père ? Se prêtera-t-il à ce nouvel exercice qui met à rude épreuve sa mansuétude et sa miséricorde ?

Digne d'un conte oriental, un brin mystique et incompréhensible, avec des éclairs de révélations qui apparaissent et disparaissent encore plus vite. Ce roman, c'est avant tout un hommage au pouvoir de l'écriture, une réflexion sur la religion et une critique des rapports interpersonnels, notamment dans la cellule familiale.

L'écriture est majestueuse, intelligente et pleine de surprise ! 


  • La religion de ma mère de Karim Akouche (Ecriture - 04/10/2017)⠀
Le roman commence sur un hommage d'un fils, Mirak, vers sa mère dévouée qu'il vient de perdre. Il la raconte et se raconte au passage. Il raconte sa jeunesse en Algérie et l'Algérie d'aujourd'hui.

Les premières pages sont passionnantes, et puis l'auteur se perd dans son propos. Les digressions en amènent d'autres et finalement la lecture devient laborieuse. J'en attendais davantage sur la religion, sur les coutumes et les habitudes de la mère... je me sens flouée. C'est dommage, l'écriture vive, dynamique et cynique était pleine de poésie.⠀


  • La terre qui les sépare : récit de Hisham Matar (Gallimard - 12/01/2017) | Prix du livre étranger France Inter-JDD 2017, Prix Pulitzer de la biographie 2017.
Hisham Matar, l'auteur, nous propose dans ce récit une immersion complète dans ses tourments. Des tourments causés par la disparition de son père Jaballa. Un éminent opposant au régime de Kadhafi. En raison de ses prises de positions et de son engagement il a été enlevé, emprisonné et ... Trois points de suspension, parce que justement nul ne sait ce qu'il est advenu de lui. Les quelques informations reçues secrètement par la famille s'interrompent du jour au lendemain. À partir de là commence l'enquête de l'auteur portée tour à tour par le désespoir et l'espoir.

Rapidement, on tombe dans la tristesse d'Hisham, on partage ses questions, ses doutes, ses batailles. Il ne demande pas grand-chose, juste la vérité. Cette vérité, il va la réclamer à cor et à cri, et sera épaulé par la communauté internationale. Évidemment, c'est loin d'être apprécié par les successeurs du régime.

J'ai été bouleversée par cette lecture. Bouleversée par le récit cathartique et libérateur de l'auteur. On sent qu'au fur et à mesure de l'écriture, l'auteur s'apaise (sans se résigner). Bouleversée par l'écriture sobre et simple, sans jamais tomber dans le larmoyant, alors que bon sang la situation s'y prête ! Bouleversée.

Ce livre est nécessaire. Nécessaire pour propager la voix de son auteur. Nécessaire pour que le monde prenne connaissance d'une situation. Nécessaire pour donner une infime visibilité à tous les destins brisés, tous les destins fauchés par le régime de Kadhafi. Un livre nécessaire. ​


*

Une très belle sélection, difficile à départager et pourtant mon favori s'est révélé de lui-même : La terre qui les sépare : récit d'Hisham Matar. Il me tarde de savoir ce qu'en pensent les autres ! 

Et vous ?
Vous avez lu certains titres de la sélection ?
Vous avez envie d'en lire ?


Au plaisir.

Les émois du mois #56

31 mai 2018

LE « MOI » de MAI

En chaque fin de mois, un petit recap' en facette de mes lectures ! Avec en quelques lignes mes impressions sur la "meilleure" et la "moins bonne"  lecture du mois.



Mai,

Un mois riche et intense agréablement rythmé par une succession de jours fériés idéalement placés pour des ponts et des viaducs. Je me suis vite habituée à cette cadence digne d’un mois d'août et le retour à la vie active a été compliqué, mais j'ai bien vu que tout le monde était dans le même bateau : quand on traîne tous au même rythme on se soutient !

Le mois de mai, c'était aussi le festival du Roman féminin. Une très belle édition une fois de plus : Organisation tip-top, bonne ambiance et conférences variées et passionnantes ! C’était l’occasion de retrouver les copines, d’en rencontrer de nouvelles (j’ai lutté contre mon handicap social) et surtout, surtout, de dire bonjour à nos auteures préférées. Bravo à l'équipe des romantiques ! 

Bonus : Je suis rentrée avec des petites choses, pas d’excès, pas de folies... j’ai même été plus que raisonnable... régime PAL tout ça, tout ça :)

Si on aborde les choses qui fâchent, parlons du #RégimePal : j’ai décidé d’auto-saboter ma PAL sur booknode, considérant qu’elle n’était plus à jour (d’autant plus que j’ai lancé une grosse opération de purge), j’ai décidé de la supprimer, tout simplement (tâche plus compliquée qu’il n’y paraît). Bon. La liste de ma PAL est a priori à jour sur mon blog. J’y reviendrais à la rentrée... Maintenant que l’été commence, je reprends mes réflexes d’opacité et de déni. Enfin, disons que je fais une pause *culpabilisation*.

Concernant mon régime PAL, parlons d'une réussite : ma PAL printanière 2018 ! Sur les 25 titres sélectionnés, il m’en reste 9 à lire. Je ne voudrais pas marchander la peau de l'ours, mais c’est un très beau résultat de mi-parcours. C'est mon meilleur score de PAL de Saison pour le moment ! 

Juin, be cool, please. 

TOP


  • L'amas ardent de Yamen Manai (Ed. Elyzad - 14/04/2017) | Prix des Cinq continents de la francophonie 2017, Grand prix du roman métis 2017.

Une menace sans précédent bouleverse la routine de Don, un apiculteur solitaire. Pour sauver ses ruches, il va devoir sortir de sa zone de confort et renouer avec un monde qui avait fait le choix de quitter il y a quelques années ! 

Passionnant ! Passionnant ! Passionnant ! Un thriller apicole sur fond de manigance et de tractation politique et pseudo-religieuse. ​L'écriture est dingue, l'histoire est passionnante, les problématiques soulevées sont intelligentes (et abordées sans concessions), les personnages sont canons. J'ai adoré ma lecture !

  • Nos richesses de Kaouther Adimi (Seuil - 17/08/2017) | Prix Renaudot des lycéens 2017, prix du Style 2017
Le canon. Ce livre c’est un bout d’Histoire, celle de l’Algérie, celle de la France, et surtout celle de la littérature. Elle est racontée par Edmond Charlot, le vieil Abdallah et le très jeune Ryad. Tous les trois, bien que dans des temporalités différentes, nous dressent le portrait d’un lieu hors du commun qui a vu naître plus d’un écrivain de la Méditerranée. Il nous raconte le début, l’apothéose et la fin d’une aventure humaine, une aventure littéraire portée avant tout par une bande de copains.

J’ai adoré ma lecture. J’ai eu l’impression de plonger dans une époque. L’auteur a su me transporter en Algérie entre 1935 et 2017, j’ai traversé ses ruelles et senti la chaleur de ses étés. J’ai eu plaisir à découvrir l’histoire de ce lieu et son créateur, découvrir les auteurs qui l’ont fréquenté, découvrir leur passion commune. J’ai adoré suivre leur essor. Je me suis réjouis des réussites et des victoires de la petite équipe. Une routine qui sera bouleversée par les événements, a.k.a la guerre l’Algérie, à partir de la j’ai eu peur, j’ai eu de la peine. Vous l’aurez compris, ce roman c’est une pépite d’émotion.

  • Ar-Men : l'enfer des enfers de Emmanuel Lepage (Futuropolis - 16/11/2017)
Un album extraordinaire entre fiction et documentaire ! 

L'histoire et le dessin, je suis tombée amoureuse de cette combinaison absolument réussie. Et pourtant, je n'ai aucune affinité avec les phares, je ne connaissais pas du tout l'histoire d'Ar-Men le phare breton le plus exposé... mais voilà c'est Emmanuel Lepage aux commandes et je trouve qu'il rend intéressant tout ce qu'il touche ! 

Je n'ai pas encore eu le temps de regarder le reportage DVD qui l'accompagne, mais ça ne saurait tarder tant l'album m'a rendu curieuse d'en savoir plus. 

  • Héritiers des larmes, tome 2 : La belle des salines de Penny Watson-Webb : 
L’histoire, les rebondissements, les personnages, l’écriture, tout est au top. J’ai été impressionnée par le sens de la précision et du détail de l’auteur pour la contextualisation de l’époque ! Tout comme le premier, ce deuxième tome entre tout droit dans mon TOP 10 de mes romances historiques favorites de tous les temps.

Au plaisir.

Là où l'on s'aime, il ne fait jamais nuit de Séverine de La Croix

29 mai 2018



Résumé :
Et si le bonheur était un sentiment à réinventer ? Dans la vie de Félicité, tout est allé de travers. Elle rêvait d'amour et de poésie, mais se retrouve seule avec ses deux enfants, Corentin et Manon, nés de pères différents. Mathilde, sa soeur aînée, a de son côté planifié chaque aspect de son existence. Pour être comblée, il ne lui manque qu'un bébé, qui refuse d'arriver. Félicité et Mathilde, que les épreuves ont séparées, vont-elles se rapprocher ? L'anniversaire de Corentin va faire basculer le destin. 

Félicité avait promis à son fils de lui révéler l'identité de son père le jour de ses dix ans. Mais impossible d'avouer le secret qu'elle garde douloureusement depuis tant d'années. Grâce à la tendresse retrouvée de Mathilde et à un mystérieux charpentier aux chemises de bûcheron, Félicité va-t-elle enfin affronter son passé et s'ouvrir à l'amour ?

Moi j'en dis :
Un roman qui commence tout en douceur avec la voix de deux héroïnes que tout oppose. 
  • D'un côté il y a Mathilde, une femme forte et indépendante. Elle est déterminée, maniaque et courageuse, mais aussi anxieuse, douce et généreuse. Méthodique et organisée, pas spontanée pour un sou elle est plutôt dans la projection et l'organisation. Actuellement en pleine bataille avec son mari Germain, pour avoir un enfant, elle est épuisée. Ses difficultés à concevoir se transforment en véritable affront à sa propre nature. Ainsi, son désir de materner devient une obsession dévorante qui va grignoter sa personnalité et détruire sa joie de vivre.
  • De l'autre côté, il y a, Félicité, une mère célibataire complètement dépassée par la gestion de son quotidien. Introvertie et craintive, elle est d'une douceur et d'une gentillesse profondément réconfortante. Un accident de la vie lui a coupé l'élan d'autonomie qu'elle avait tenté de prendre, résultat, le jour où on l'a rencontre, elle fait face deux grandes difficultés : son fils refuse de lui adresser la parole, parce que justement elle ne respecte pas sa parole ; elle perd son emploi ce qui l’entraîne dans une détresse financière redoutable. 
Les deux jeunes femmes sont sœurs, loin d'être complice, on peut même dire qu'il y a de l'animosité entre elles. Empêtrées dans leurs difficultés, ni l'un ni l'autre n'a le temps d'adoucir leur rapport. D'autant plus que la fracture dans leur relation s'est accentuée depuis le décès de leur père. 

Aux voix de Mathilde et Félicité, s'ajoute celle d'Éliane (leur mère), de Germain (l'époux de Mathilde), celle de Loïc (le collègue de Germain) et celle de Corentin (le fils de Félicité). Chacun bataille avec une ou plusieurs casseroles dans sa bandoulière. Certaines de ces casseroles sont partagées avec d'autres, certaines entraînent des dommages collatéraux sur les autres. Ils sont tous concernés ou impliqués dans les problèmes des uns et des autres. 

Un triste sac de nœuds, qu'ils parviendront peut-être à démêler s'il le secoue et surtout s'ils communiquent. Quand les secrets tombent, les amertumes aussi ! Évidemment, en tant que lecteur, on assiste impuissant à leur tentative d'aller de l'avant, et plus que ça on partage les peines et les tristesses des personnages.

Voyez comme ce roman qui s'annonce Feel Good, installe doucement mais sûrement des problématiques graves et profondes : la rivalité / complicité entre sœurs ; le bataille pour la maternité ; le deuil ; le traumatisme d'une agression ; et les secrets de famille entre autres. 

Bien que les thématiques soient dures et que les personnages soient en difficultés, il n'y a aucun abattement, bien au contraire ! La palette de personnage est profondément humaine, avec des défauts à la hauteur de leurs qualités. Ils rencontrent des difficultés qui ont du mal à surmonter et pour autant, ils ne se contentent pas, ne se lamentent pas. Ensemble, ils vont vivre des petites et des grandes leçons sur la vie, amenées avec sincérité, sans pathos, sans fioritures par l'auteur.

C'est plus qu'une histoire de deuil, de résilience, de guérison, d'équilibre et de réalisation de soi. C'est aussi une histoire de confiance et d'acceptation du soutien des autres. 

Verdict : J'ai adoré ma lecture ! Les personnages sont attachants et leurs difficultés d'une véracité telle, qu'il est compliqué de refermer leur livre sans être rassuré de leur sort au préalable. Je n'avais jamais lu de roman de l'auteur, mais il est certain que j'irai fouiller dans sa bibliographie !

Les infos : 
Date de parution : 23/05/2018
Editeur : Editions du Rocher
Nb. de page : 344 pages
Prix : 17.90€

J'ai découvert ce roman grâce aux éditions du Rocher.
Merci à vous, pour cette opportunité de lecture !

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.

​C'est lundi que lisez-vous ? #188

28 mai 2018


Rendez-vous repris et organisé par Galleane.
Le principe est simple et sympa, chaque lundi le blogueur
qui se prête au jeu doit répondre à trois questions :

​Tu deviens adulte le jour où tu pardonnes à tes parents de Gérard Salem

22 mai 2018


Résumé :
«Mes chers parents,


J'imagine à quel point cette lettre écrite de ma main va vous surprendre. Oui, elle vient de moi, votre fils maudit, celui dont vous n'avez plus reçu de nouvelles depuis sept ans. Mais rassurez-vous, je ne viens pas avec des cadeaux plein les bras, comme dit la chanson. J'espère au contraire que cette lettre empoisonnera votre journée.»

Dans ce roman épistolaire, surprenant et captivant, Gérard Salem nous fait découvrir, avec humour et tendresse, l'histoire d'une famille... étrangement familière.

Moi j'en dis :
L’auteur nous propose une correspondance au sein d’une famille qui s’étend du 4 septembre au 1er janvier, cette correspondance est à l’initiative de Boris, un quadragénaire en rupture familiale depuis 7 ans. La lettre qu’il envoie à ses parents est loin d’être spontanée, il l’a décrit lui-même comme une ordonnance prescrite par son psy.

Dedans il y fait part de ses regrets, de ses amertumes, de sa colère liée à la façon dont il a été éduqué mais surtout façonné par son père et par sa mère qui ont tenté de faire de lui une image d'eux-même. Il parle également de son rôle d’aîné qui l'a épuisé, tant les responsabilités qui l’incombaient étaient trop forte. Pour aller au bout du processus d’évacuation, sur les consignes de son psy, c’est une lettre manuscrite qu'il destine à ses parents, une lettre qui a fait l’objet de plus d’efforts qu'un coup de téléphone au pire un SMS.

Il attendait de cette lettre une sorte de libération totale à laquelle il aspirait quand il s’est mis en rupture familiale. En revanche il n’attendait pas en retour une pluie de lettres de la part de tous les membres de sa famille. Sa lettre a entraîné un effet domino, un l’effet collatéral sur toute la famille. Chacun, à son rythme, va prendre sa plume pour s’exprimer, pour s’expliquer et éventuellement pour se retrouver. Il va y avoir un véritable remue-ménage émotionnel, un véritable séisme, dans cette famille où chacun va prendre le temps d’écouter l’autre et de reconsidérer les mésententes. Sans s’en rendre compte chacun va écrire pour guérir.

Ce texte porte une réflexion ouverte et intéressante sur les cycles familiaux, notamment autour du conflit et des mésententes familiales, sur la place du dialogue et des échanges pour que chacun exprime son point de vue et surtout laisse de la place à la réponse de l’autre. Personne ne cherche une vérité, mais plutôt la manière la plus habile de faire des concessions, de faire des efforts et de prendre considération l’autre.

Un roman captivant et émouvant. L'écriture est dynamique et entraînante. Il faut noter l'effort de changement de style entre chacune des lettres, autrement dit à chaque personne qui prend la plume. Ce texte fourmille de citations et de références autour de la littérature, de la philosophie mais aussi des sciences, sans étalage et sans alourdir le récit. 

Verdict : Un roman épistolaire qui pose des questions intéressantes et perturbantes sur les rapports familiaux. J’ai été complètement embarquée dans cet ensemble de correspondances, je me suis attachée aux uns et aux autres. J’ai lu leurs lettres avec appréhension comme si j’étais moi-même concerné par leurs échanges ! 

Les infos : 
Date de parution : 02/05/2018
Editeur : Editions Flammarion / Versilio
Nb. de page : 249 pages
Prix : 18€

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.

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