17 octobre 2017

Léger comme une plume... ... Raide comme la mort par Zoe Aarsen


J'ai découvert ce roman grâce à la plateforme NetGalley et les éditions Hachette. 
Merci à vous, pour cette opportunité de lecture !

Résumé :
L’heure de gloire de McKenna est arrivée. Elle a intégré le groupe d’Olivia, la reine du lycée, et est invitée au bal de fin d’année par le frère de celle-ci. McKenna ne pouvait rêver mieux. Enfin… jusqu’à la fête d’anniversaire d’Olivia. Ce soir-là, une nouvelle, Violet, propose de jouer à « Léger comme une plume, raide comme la mort ». Durant la partie, elle imagine les morts de la belle Olivia, de la provocante Candice et de l’athlétique Mischa. Ces propos morbides mettent McKenna mal à l’aise mais, après tout, ce n’est qu’un jeu, n’est-ce pas ? Une semaine plus tard, le jeu n’a plus rien d’amusant : Olivia meurt dans un accident de voiture, exactement comme l’avait prédit Violet. Avec l’aide de son voisin Trey, McKenna cherche à découvrir quelle sorte de malédiction Violet semble avoir déclenchée. Plus la popularité de Violet grimpe, plus McKenna et Trey sentent que le temps presse. Le nouvel « accident » est pour bientôt.

Moi j'en dis :
Des longueurs, des longueurs, des longueurs.. C'est dommage, l'histoire avait un potentiel de départ intéressant et intriguant.

C'est l'histoire de McKenna, une jeune fille transformée par l'été, en effet, elle a profité d'un séjour chez son père pour se délester de quelques kilos. Elle se sait plus désirable et prévoit une rentrée et une année scolaire qui lui seront plus profitables, loin, très loin des railleries qu'elle a connues les années précédentes. Ça ne rate pas, elle est rapidement repérée par Olivia, la reine du lycée et elle intègre son cercle très fermé. Elle n'est pas la seule à intégrer le cercle ; Violet, la nouvelle du lycée a elle aussi ce privilège. Toutes deux sont néophytes dans l'univers des populaires, elles vont devoir frayer avec de nouveaux codes, avec la crainte de faire une erreur et de se voir sommées de retourner avec les lambdas. Enfin, ça, ce sont les craintes de McKenna, Violet, elle se révèle très rapidement plus ambitieuse, plus mystérieuse et peut-être même, plus mystique ! 

Un quotidien ordinaire, dans un lycée ordinaire des États-Unis. Jusqu'au moment de l'anniversaire d'Olivia, là l'intrigue dérape avec une touche de spiritisme. Les filles vont jouer à un drôle de jeu : Léger comme une plume, raide comme la mort.

Le principe est simple, pendant qu'un joueur est allongé, tous les autres se placent autour, et l'un d'eux raconte l'hypothétique histoire de la mort de la personne allongée. Hypothétique... Juste le temps de le dire ! Rapidement, très rapidement, les hypothèses se concrétisent. À partir de là, place aux questions, aux doutes et avec ça, c'est le début des rebondissements en pagaille et des retournements de situation bien orchestrés. 

J'ai passé un chouette moment. J'ai partagé les questions de McKenna. J'ai eu peur pour elle et ses copines. J'ai ressenti l'urgence et la vitesse comme elle et Trey. Clairement, j'ai attendu avec impatience le dénouement de l'intrigue. 

Toutefois, je dois dire que j'ai pris McKenna en grippe. Ses préoccupations n'ont pas résonné en moi, elle m'a carrément tapé sur le système à se demander sans arrêt si elle va maintenir sa popularité, si la reprise de quelques kilos ne va pas jouer contre elle, si parler à untel et untel peut lui être défavorable... Elle se répète, elle se répète, elle se répète. Bon sang. Ne me dites pas que ce sont les affres de l'adolescence. Je refuse de les croire aussi superficiels.

Verdict : Très bonne histoire, avec une intrigue captivante, toutefois la palette des personnages m'a quasiment donné de l'urticaire. Tout comme les longueurs et les répétitions à n'en plus finir.

Les infos : 
Date de parution : 13/09/2017
Editeur : Hachette
Nb. de page : 396 pages
Prix : 18€

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.

10 octobre 2017

Gabriële de Claire Berest et Anne Berest


J'ai découvert ce roman grâce aux éditions Stock.
Merci à vous, pour cette opportunité de lecture !

Résumé :
Septembre 1908. Gabriële Buffet, femme de 27 ans, indépendante, musicienne, féministe avant l’heure, rencontre Francis Picabia, jeune peintre à succès et à la réputation sulfureuse. Il avait besoin d’un renouveau dans son œuvre, elle est prête à briser les carcans : insuffler, faire réfléchir, théoriser. Elle devient « la femme au cerveau érotique » qui met tous les hommes à genoux, dont Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire. Entre Paris, New York, Berlin, Zürich, Barcelone, Étival et Saint-Tropez, Gabriële guide les précurseurs de l’art abstrait, des futuristes, des Dada, toujours à la pointe des avancées artistiques. Ce livre nous transporte au début d’un xxe siècle qui réinvente les codes de la beauté et de la société.
Anne et Claire Berest sont les arrière-petites-filles de Gabriële Buffet-Picabia.

Moi j'en dis :
L'été dernier, j'ai rencontré Marie Curie dans le roman L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir de Rosa Montero, j'en suis tombée folle d'admiration. Puissance, dignité, aplomb.. Ô Marie Curie, quelle femme !!! Cet été, j'ai fait un saut dans les années 1900 et j'ai rencontré Gabriële Buffet.

Gabriële Buffet, une femme épatante, saisissante, exceptionnelle. Une femme intelligente, habile et intrépide. Profondément lucide. Attachée à sa liberté, farouchement indépendante et déjà féministe. Une femme inspirante ! Musicienne de talent, son avenir sera fauché par l'amour, celui de Francis Picabia, un peintre à succès. Elle l'épouse, elle portera ses enfants, mais ne sera jamais de celle qu'on appelle "la femme de...". Gabriële Buffet n'est la possession de personne. D'autant plus qu'avec Francis Picabia, ils partagent une véritable complicité intellectuelle, ensemble, ils réfléchissent à tout, théorisent les petits riens. Elle va rapidement devenir le cerveau artistique de leur duo, le cerveau érotique. Ainsi, elle va remodeler son regard, tailler ses aptitudes, briser ses habitudes et ses codes pour en faire un génie. Elle va semer le futur dans l'art.

Ce sont les deux arrière-petites-filles de Gabriële Buffet, Anne et Claire Berest, qui nous racontent son histoire. Elles ne se contentent pas d'une chronique chronologique, elles nous proposent l'histoire de toute une époque, de toute une génération pour qui l'art était global et ordinaire. Une époque où les artistes ne s'enferment pas dans des disciplines, mais s'essayent à tout, s'inspirent de tout, discutent de tout avec tout le monde.

Les auteurs nous parlent des étapes de vie de Gabriële Buffet, dans l'ordre, dans le désordre, avec des chassés-croisés dans le temps, sans laisser de place à la fiction, elles légitiment tout leur propos par des citations, des extraits d'archives et des photos, sans perdre le lecteur, sans l'ennuyer, bien au contraire. C'est une lecture captivante !

J'ai adoré les conclusions de chapitres avec le dialogue entre les deux sœurs qui commentent, analysent ou se questionnent sur un point de vie de Gabriële Buffet. Ce sont comme des bouffées d'oxygène, comme un rappel à la réalité qu'on peut oublier tant l'histoire de Gabriële Buffet est extraordinaire.

Ce roman, c'est une reconstitution de l'Histoire, c'est aussi la réhabilitation d'une personnalité clé et c'est un hommage plein d'émotion à une arrière-grand-mère que les auteurs n'ont pas eu la chance de connaître.


Verdict : Un travail de recherche et de documentation titanesque pour une histoire de vie extraordinaire. J'ai avancé dans ma lecture, captivée, complètement fascinée et avec toujours l'envie d'en savoir plus sur cette grande dame. Ma grande question ? Comment l'Histoire a pu laisser Gabriële Buffet s'effacer ?! En voilà une figure de plus à ajouter à cette liste de femmes inspirantes !

Les infos : 
Date de parution : 23/08/2017
Editeur : Editions Stock
Nb. de page : 450 pages
Prix : 21€50

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.



9 octobre 2017

Les huit montagnes de Paolo Cognetti


J'ai découvert ce roman grâce aux éditions Stock.
Merci à vous, pour cette opportunité de lecture !


Résumé :
Pietro est un garçon de la ville, Bruno un enfant des montagnes.  Ils ont 11 ans et tout les sépare. Dès leur rencontre à Grana,  au coeur du val d’Aoste, Bruno initie Pietro aux secrets de la  montagne. Ensemble, ils parcourent alpages, forêts et glaciers,  puisant dans cette nature sauvage les prémices de leur amitié.
Vingt ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes et auprès  de ce même ami que Pietro tentera de se réconcilier avec son  passé – et son avenir.


Extrait : [...] c’est bien un mot de la ville, ça, la nature . Vous en avez une idée si abstraite que même son nom l’est. Nous, ici, on parle de bois, de pré, de torrent, de roche. Autant de choses qu’on peut montrer du doigt. Qu’on peut utiliser. Les choses qu’on ne peut pas utiliser, nous, on ne s’embête pas à leur chercher un nom, parce qu’elles ne servent à rien.

Moi j'en dis :
Quand je tombe amoureuse d'un roman, mon cerveau débloque et je ne sais plus quoi dire à son sujet. Un peu comme si je n'avais pas trop envie de donner des arguments de lecture aux autres, histoire de le garder pour moi. C'est exactement l'impasse dans laquelle je suis avec Les huit montagnes de Paolo Cognetti. J'ai envie de mettre une ribambelle de cœurs pour composer mon avis de lecture et en verdict, de vous dire : lisez-le, vous verrez bien.

Paradoxalement, ce roman, on peut le résumer en deux citations :
Il n’y a rien de mieux que la montagne pour se souvenir.
Il n’y avait rien de mieux qu’une longue nuit dans ma tanière sur la montagne pour me remettre à neuf.
Ce roman, c'est l'histoire de Pietro et celle de Bruno, l'un vient de la ville et l'autre de la montagne. Ils se rencontrent à Grana dans le Val d'Aoste et s'y retrouvent tous les étés pendant les vacances de Pietro. Ils se rencontrent, s'apprivoisent et tissent une amitié solide et fulgurante.

L'un est observateur, taiseux et réfléchi, l'autre est agile et sensible. L'un est fort, l'autre futé. Pas d'ambiguïté entre eux, ils partagent une amitié simple et sincère. Une amitié fraternelle, fusionnelle et amoureuse. Ensemble, ils vont parcourir la montagne, vivre mille et une aventures. Il vont tout partager et puis se perdre de vue, pour mieux se retrouver.

On assiste à la naissance d'une amitié qu'on jalouse aisément.

On assiste à la construction d'un homme, celle de Pietro avec ses souvenirs de jeunesse, ses choix, ses questionnements et les prémisses de son émancipation. Son rapport à la vie. Ses relations avec ses parents, notamment son père. Un père incroyablement inspirant… Enfin, ça, c'est ce qu'il projette. Pietro, lui, le voit plutôt un homme envahissant, despote et pénible. Il ne se reconnaît pas dans le regard de son père et d'ailleurs, lui-même ne connaît pas son père. La grande question de ce roman ? Vont-ils avoir le temps de se découvrir ?

On assiste à l'histoire d'amour entre un homme et la montagne. Histoire d'amour qui se transforme rapidement en triangle amoureux... Parce que le lecteur, lui aussi, est invité à tomber amoureux au fil des pages. Je suis tombée amoureuse.

Ce roman, c'est un bout d'héritage. C'est une histoire de filiation. C'est une histoire de construction, de réalisation de soi. C'est une histoire de rencontre. C'est une histoire de solitude. C'est une histoire de rupture et de réparation. C'est une histoire de souvenirs. C'est une histoire d'homme. C'est une histoire de père. C'est une histoire de fils.


Verdict : C'est un roman mélancolique, plein de nostalgie. D'une beauté à couper le souffle. Il m'a donné des envies de montagne, des envies de neige... C'est une prouesse pour l'amoureuse du soleil que je suis.

Bonus : Les huit montagnes de Paolo Cognetti m'a fait l'effet d'une madeleine de Proust.. Avec Pietro, avec Bruno, j'ai revécu mes vacances d'été en famille à la montagne. Les balades avec pour unique objectif : la vue. Les sentiers qui n'en sont pas. Les rencontres chaleureuses entre marcheurs qui ne se connaissent pas. Les messages laissés de part et d'autre du parcours, pour les suivants. Les explications de mon père, son enthousiasme pour les petites choses. Plus jeune, j'ai détesté la montagne, aujourd'hui encore, je ne m'en approche que très peu... Enfin, ça, c'était avant ma lecture.

Bonus : Pour récupérer mon exemplaire ? Simple : laissez un commentaire ou envoyez-moi un mail (bibhorslesmurs@gmail.com). Un tirage sera organisé pour départager les participants ;-)

Les infos : 
Date de parution : 23/08/2017
Editeur : Editions Stock
Nb. de page : 304 pages
Prix : 21€50

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.



6 octobre 2017

La petite danseuse de quatorze ans de Camille Laurens


J'ai découvert ce roman grâce aux éditions Stock.
Merci à vous, pour cette opportunité de lecture !


Résumé :
« Elle est célèbre dans le monde entier mais combien  connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette  à Washington, Paris, Londres, New York, Dresde ou Copenhague, mais où est sa tombe ? On ne sait que son  âge, quatorze ans, et le travail qu’elle faisait, car c’était déjà  un travail, à cet âge où nos enfants vont à l’école. Dans les  années 1880, elle dansait comme petit rat à l’Opéra de Paris, et ce qui fait souvent rêver nos petites filles n’était pas un  rêve pour elle, pas l’âge heureux de notre jeunesse. Elle a  été renvoyée après quelques années de labeur, le directeur  en a eu assez de ses absences à répétition. C’est qu’elle avait  un autre métier, et même deux, parce que les quelques sous  gagnés à l’Opéra ne suffisaient pas à la nourrir, elle ni sa  famille. Elle était modèle, elle posait pour des peintres ou  des sculpteurs. Parmi eux il y avait Edgar Degas. »

Moi j'en dis :
L'auteur entre dans le vif du sujet sans détour et sans perdre de temps. Dans son roman, elle va nous parler d'une sculpture d'Edgar Degas qui la chamboule d'émotions : La petite danseuse de quatorze ans.
Trop grande pour être un jouet, trop petite pour figurer une fille de quatorze ans, elle hésite entre l'œuvre d'art et l'objet courant, la statue et le mannequin, la poupée, la miniature, la figurine ; elle avance un pied funambule sur le fil qui sépare les beaux-art de la culture de masse, elle est à la fois classique et moderne, réaliste et subjective, esthétique et populaire, vulgaire et belle. Elle propose différentes interprétations sans se réduire à aucune, elle s'oppose à tout enfermement autre que celui de sa cage en verre.
L'auteur partage avec nous l'enquête qu'elle a menée sur Marie Geneviève Van Goethem, le modèle de Degas, la fameuse petite danseuse de quatorze ans. Danseuse de l'Opéra et modèle d'artiste, voilà le lot de cette jeune fille, et c'est loin, très loin d'être un quotidien glamour. Bien au contraire, l'auteur parle plutôt de condition de vie misérable.

En quelques pages, Camille Laurens lui rend plus qu'un hommage, elle nous la révèle en nous dévoilant la genèse de la sculpture. Ainsi, on découvre les dessous de l'œuvre, avec les méthodes de création, la manière dont elle a été présentée au public, la façon dont le public va rapidement la rejeter et ce qu'elle va devenir une fois de retour dans les ateliers de l'artiste. D'ailleurs, elle n'oublie pas de nous parler de l'artiste, de ses habitudes, de ses préférences. Forcément, cela nous mène vers les coulisses de l'Opéra et sa facette largement oubliée aujourd'hui : celle de ses trafics sexuels et de son libertinage.

Au passage, elle nous parle aussi de Balzac, de Théophile Gautier et d'une ribambelle d'artistes contemporains qui ont gravité à un moment ou un autre dans les cercles de Degas.

Camille Laurens fait une confrontation très intéressante entre les différents artistes de l'époque, entre ceux qui ont travaillé sur le même sujet, à savoir les danseuses. Elle nous parle également de ceux qui se sont intéressés à Degas. Nous sommes entraînés dans un tour d'horizon complet.

Bien qu'elle reste attachée aux faits, avec un travail de recherche titanesque, elle nous propose des scénarios supposés, hypothétiques, éventuels et potentiels. Elle sépare le modèle de l'artiste pour mieux les rapprocher et les comparer.

Il y a dans ce texte une véritable réflexion sur la création, sur le poids de l'art dans la dénonciation des comportements inconvenants, et même plus, le rôle de l'art face à l'hypocrisie sociale.

Verdict : Après une entrée en matière vive et percutante, on découvre rapidement l'engouement de l'auteur pour l'artiste, le modèle et la sculpture… Évidemment, on finit par partager son euphorie et on n’a qu'une envie, voir rapidement une des reproductions de la petite danseuse, qu'on ne verra plus jamais de la même façon !

Bonus : Pour récupérer mon exemplaire ? Simple : laissez un commentaire ou envoyez-moi un mail (bibhorslesmurs@gmail.com). Un tirage sera organisé pour départager les participants ;-)

Les infos : 
Date de parution : 30/08/2017
Editeur : Editions Stock
Nb. de page : 176 pages
Prix : 17€50

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.



5 octobre 2017

Sa mère de Saphia Azzeddine


J'ai découvert ce roman grâce aux éditions Stock.
Merci à vous, pour cette opportunité de lecture !


Résumé :
Marie-Adélaïde, née sous X, a la rage au ventre  ; elle a un destin, mais ne sait pas encore lequel. Pas celui de caissière à La Miche Dorée. Pas non plus celui de ses rares copines, certaines connues en prison, d’autres camarades de galère et d’errance. Serait-ce celui de nounou des enfants impeccables de la Sublime  ? Ou celui de retrouver sa mère coûte que coûte  ? Son destin, elle va le chercher avec les moyens dont elle dispose  : le culot, la parole qui frappe, l’humour cinglant, l’insoumission à son milieu, la révolte contre toutes les conventions. C’est une héroïne de notre temps.

Moi j'en dis :
La force de ce roman ? Son héroïne.

Marie-Adélaïde, c'est une héroïne à mi-chemin entre Fidèle du roman Dysfonctionnelle de Axl Cendres, Paloma du roman L'Élégance du hérisson de Muriel Barbery et Holden L'Attrape-cœurs de J. D. Salinger.

Une héroïne remuante qui n'a pas sa langue dans sa poche, à qui la vie n'a pas fait l'effort de lui faire de cadeaux, et cela, dès sa naissance. Une naissance sous X, sous mauvais augure. Une adoption avortée, un passage en prison, aucune perspective d'avenir... Loin d'être en échec, elle est en questionnement et à force de questions, elle s'y perd.

À la recherche d'un point d'ancrage, elle va se lancer dans la quête et l'enquête de l'identité de sa mère. Mère, dont elle s'est fait une image très précise.

De chapitre en chapitre, elle se lance dans des diatribes et de disgression en digression, elle se raconte en toute sincérité et de façon spontanée : son quotidien, ses décisions (bonnes ou mauvaises), ses doutes, ses raisonnements, ses rencontres. À aucun moment, elle ne tombe dans l'étalage de sentiments et le pathos. Elle ne tente pas de nous attendrir.

Elle nous parle d'elle, mais aussi de la société. Dont elle fait une critique cinglante et cynique, notamment sur le comportement des gens. Un brin moralisatrice, elle tient néanmoins des propos qui ne laissent pas de place au faux-semblant et à l'hypocrisie. C'est vivifiant.

Marie-Adélaïde, elle est piquante et mordante. Elle est drôle, parfois grinçante, un peu cynique et surtout authentique. Elle mord tout ce qu'elle touche. Concrètement, elle n'a pas foi en l'humain et pourtant elle est indulgente et bienveillante avec tous ceux qu'elle croise. Impossible de ne pas s'attacher à ce bout de jeune femme et lui souhaiter de trouver les réponses à ses questions et surtout des lendemains plus doux.

Ce roman se lit à mille à l'heure. Pour en savoir plus sur l'héroïne, son crew farfelu et son enquête fatidique. J'ai l'ai lu avec les yeux exorbités d'un bout à l'autre, pour deux raisons : à chaque réflexion sociétale ou géopolitique, je me suis dit "non elle n'a pas osé ?!". À chaque avancée dans l'enquête de Marie-Adélaïde j'étais comme une groupie qui soutient sous poulain. Évidemment, j'avais le cœur qui battait la chamade. Ce roman ne se lit pas, il se vit.



Verdict : Saphia Azzeddine boxe avec les mots. Sans jamais nous perdre, l'auteur nous propose une histoire intéressante d'un bout à l'autre. Une histoire portée par une enquête, mais au final, c'est tellement plus que ça. C'est une histoire de place dans la société, d'équilibre et de réalisation de soi. C'est aussi et surtout, une vive, très vive, critique des rapports humains pollués par le paraître, la position sociale et l'argent.






Bonus : Pour récupérer mon exemplaire ? Simple : laissez un commentaire ou envoyez-moi un mail (bibhorslesmurs@gmail.com). Un tirage sera organisé pour départager les participants ;-)

Les infos : 
Date de parution : 23/08/2017
Editeur : Editions Stock
Nb. de page : 240 pages
Prix : 19€

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.



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