13 juin 2014

Tout sauf le grand amour de Kristan Higgins

Résumé : 
Ce que cherche Lucy Lang à l’aube de ses trente ans ? Un homme sympa et honnête. Un homme qui s’occuperait du jardin, des barbecues, et qui jouerait au foot avec les enfants. Et surtout, surtout, un homme qui ne déclencherait en elle aucun émoi amoureux, aucune grande passion. Car Lucy refuse l’idée de souffrir de nouveau, comme elle a souffert cinq ans plus tôt en perdant son mari. Alors, même si le passé se rappelle encore à elle, aujourd’hui, elle le sent : elle a atteint les limites d’une vie exclusivement consacrée à son chat, Fat Mikey, le plus intelligent et le plus capricieux des félins, et à son travail qu’elle adore, dans la petite pâtisserie familiale de Rhode Island. Oui, il est temps, après cinq ans, de tourner la page, et de se lancer dans une nouvelle vie. Première étape : prévenir Ethan Mirabelli, son amant sexy mais inépousable, qu’il est temps de revenir à une relation strictement amicale. Deuxième étape : se lancer dans la quête de son futur mari, celui qui sera tout pour elle. Tout, sauf le grand amour.

Première phrase : 
— Tu as un poil de moustache.

Dernière phrase : 
Je suis heureux de vous souhaiter la bienvenue au Mirabelli’s !

Le paragraphe : 
1. Son regard tombe alors sur mon jean délavé au bas effiloché et sur mon pull en laine marron remarquablement passe-partout.
— C’est ce que tu portes ? me demande-t-elle.
— Non, en fait, j’ai mis une robe de bal, mais elle est invisible !
Je virevolte sur moi-même, en prenant soin de ne pas renverser les brioches.
— Elle te plaît ?

2. Fat Mikey se dirige vers la chatière, histoire de contempler la nuit. Si j’ouvre la porte, il descendra l’escalier de secours jusqu’en bas de la rue, puis il ira tuer une bestiole quelconque et me la rapportera. C’est sa façon à lui de me témoigner son amour — une âme romantique, genre Tony Soprano.

3. — Le fait est que, lorsqu’on est frappé par un deuil tel que celui que nous avons vécu toutes les deux… on se retrouve comme amputé d’une partie du cœur. Et, par la suite, la question se pose de savoir dans quelle mesure on peut encore se permettre de souffrir. Et une fois pris dans ce genre de dilemme, on se retrouve parfois… handicapé sur le plan des sentiments, pour ainsi dire. Tributaire d’un cœur seulement capable d’éprouver des émotions atrophiées.

Moi j'en dis : 
Il y a quelques semaines j'ai lu mon troisième roman de Kristan Higgins. L'auteur qui me fait étouffer mes rires et cacher mes sourires dans les transports en commun. Toutefois, cette fois-ci le registre est moins drôle. On est loin des petits-amis fictifs de Trop beau pour être vrai et de la recherche de compagnon de Amis et RIEN de plus.

Tout sauf le grand amour, c'est une histoire de deuil et de reconstruction. C'est l'histoire d'une femme qui ne veut plus s'attacher de peur d'être à nouveau confronter à un départ précipité et injuste, mais qui ne veut pas pour autant finir ses jours seuls. Elle souhaite fonder une famille avec un compagnon qui la contentera. C'est une décision murement réfléchie, elle est enfin prête à passer la dernière étape de son deuil, celle de l'acceptation et l'envie d'aller de l'avant. Elle a bien rencontré un homme avec lequel elle a des affinités, mais rappelez-vous, elle ne cherche pas d'affinité.. Elle cherche une relation pragmatique.

Ce n'est pas évident parce que l'ombre de Jimmy plane sur le quotidien de Lucy et c'est impossible de s'en détacher dans son environnement étouffant. Elle a continué sa vie avec un fantôme plutôt qu'un mari. Plus d'une fois, je me suis dit « Nan mais, déménage et tout ira mieux ». Entre toute la famille de Jimmy et sa famille à elle (je suis tombée sous le charme des veuves noires hongroises), elle m'a semblé bien équilibrée.

Pourtant, sa résilience est donc fragile.. elle est bien passé par toutes les étapes, mais toutes ne sont pas vraiment dépassées ! Elle est rongée de culpabilité, elle accepte la mort de loin (impossible pour elle de passer trop près du cimetière) par exemple.

Je me suis vraiment attachée à Lucy. Ce qui m'a plu c'est sa bataille intérieure et son incapacité à prendre des décisions. Et finalement, quand elle en prend une décision, sont incapacité à s'y tenir et les partager avec les autres. Son côté indécis m'a touchée. Et j'ai trouvé sa thérapie culinaire charmante (clin d'oeil à la série du CupCake Club :))

J'ai adoré son attachement à Jimmy qu'elle essaye de sanctifier et j'ai eu de la peine quand on la voit déchanter à chaque découvertes qu'elle fait à son sujet.


Verdict : J'ai fait un rapprochement avec PS : I Love You, et puis finalement, Holly, l'héroïne de Cecelia Ahern est tellement plus courageuse et combative, que la comparaison n'a pas de sens. Lucy c'est typiquement le personnage indécis qu'on a envie de pousser vers l'avant, mais qui nous donne aussi envie de la secouer, elle se morfond beaucoup. Bizarrement, j'ai adoré :)

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.

4 commentaires

  1. L'un des seuls de l'auteure que je n'ai pas dans ma PAL, j'en est encore un à lire, et je dois dire que j'adore ces histoires, elles sont marrantes, fraiches et même quand elle aborde des sujets plus sérieux et graves, tout cela ce fait avec naturelle, qu'on est forcément prise dans les filets =)

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    1. Le naturel, c'est ça force ! Elle essaye pas de faire du comique de situation, les scènes que vivent les perso, sont des scènes qu'on pourrait vivre IRL... du coup, j'adore, j'adore :)

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  2. Totalement d'accord Kristan Higgins nous plonge dans un vrai petit univers, et on est pas focalisé que sur une personne mais sa famille, son travail donc ça s'apparente à la réalité !

    Je crois que celui-ci fait partie de mon top 3, j'accroche pas toujours mais là jackpot !

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    1. Il me tarde de découvrir les suivant :)
      La famille soudée et les animaux moches sont des récurrences dans ses récits, tu avais remarqué ??

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