7 octobre 2014

En ce lieu enchanté de Rene Denfeld

Résumé :
La dame n'a pas encore perdu le son de la liberté. Quand elle rit, on entend le vent dans les arbres et l'eau qui éclabousse le trottoir. On se souvient de la douce caresse de la pluie sur le visage et du rire qui éclate en plein air, de toutes ces choses que dans ce donjon, nous ne pouvons jamais ressentir.

Dans le couloir de la mort, enfoui dans les entrailles de la prison, le temps passe lentement. Coupés du monde, privés de lumière, de chaleur, de contact humain, les condamnés attendent que vienne leur heure.

Le narrateur y croupit depuis longtemps. Il ne parle pas, n'a jamais parlé, mais il observe ce monde "enchanté" et toutes les âmes qui le peuplent : le prêtre déchu qui porte sa croix en s'occupant des prisonniers, le garçon aux cheveux blancs, seul, une proie facile. Et surtout la dame, qui arrive comme un rayon de soleil, investie d'une mission : sauver l'un d'entre eux. Fouiller les dossiers, retrouver un détail négligé, renverser un jugement. À travers elle naissent une bribe d'espoir, un souffle d'humanité. Mais celui à qui elle pourrait redonner la vie n'en veut pas. Il a choisi de mourir.

La rédemption peut-elle exister dans ce lieu où règnent violence et haine ? L'amour, la beauté éclore au milieu des débris ?

Moi j'en dis : 
Encore un roman dont le résumé nous vend une autre histoire que celle écrite par l'auteur. #RasLeBol
Encore un roman dont les articles de presse nous vendent une autre histoire que celle écrite par l'auteur. #RasLeBol
Un avis de lecture qui commence avec deux confessions de ras-le-bol, c'est mal parti. Oui c'est mal parti, parce que vraiment ce roman, en le prenant en mains, j'avais vraiment l'impression que j'allais passer un chouette moment dans le couloir de la mort.

Je me voyais déjà dans le suspens, la peine, la colère que j'avais connue au moment de ma lecture du roman "Le couloir de la mort" de John Grisham. Que nenni, le roman de Rene Denfeld est complètement alambiqué et pas dans le bon sens du terme.

Pendant ma lecture, j'ai papottée avec une autre lectrice sur instagram, elle aussi était en pleine lecture du roman. Bon, sa lecture est laborieuse. Loin de me faire peur, j'étais encore dans les premières pages à la découverte du contexte, de la situation et des personnages. J'avais un avis sur le style assez simplet (alors que les articles de presse nous vendait de la poésie) mais je ne trouvais pas encore le roman mauvais.

Entre temps, elle l'a fini, et ne l'a pas du tout apprécié.
De mon côté, j'ai dépassé la moitié et j'avais déchanté depuis nos premières interactions. Mais là encore, je n'avais pas envie de le condamner. Le roman était bof, mais pas mauvais.

Quand la fin est arrivée. Bon. Bon. J'ai dû relire les dernières pages pour être sûr d'avoir bien compris. Mais clairement il y a un passage avec des chevaux que je n'ai pas saisi. Une analogie, une référence que je ne maîtrise pas peut-être.. (#Help ?). Résultat, je suis passée à côté de la fin.

J'ai mis quelques temps à rédiger un avis de lecture qui soit un peu plus précis que "Bon, je ne m'attendais pas à ça. Bon, je m'attendais à mieux. Bon, je reconnais, je suis déçue".

Depuis, avec du recul et toujours en comparaison avec le fabuleux roman de John Grisham, le roman de Denfeld, m'a vraiment paru fade et presque mauvais. Je dis presque parce qu'il m'a quand même fait ressentir des choses au moment de ma lecture : de la peine, beaucoup de colère, un peu de regret, de la compassion à la pelle pour le jeune aux cheveux blancs... Oh, le jeune aux cheveux blancs, je pense encore beaucoup à lui.

Chaque personnage est un criminel. Chacun a commit un crime qui l'a entraîné à purger une peine de prison. Il n'y a pas d'innocents, c'est important dans l'histoire, aucun de ces hommes n'est innocent.
Dans cette prison il y a des prisonniers avec des peines à purger (le jeune aux cheveux blancs) et d'autres qui sont condamnés à la peine de mort. C'est surtout eux qu'on va suivre.

Pour mériter leurs places dans le couloir de la mort, leurs crimes sont souvent abominables. Ils ont fait subir des horreurs sans noms, ils ont pris la vie... C'est important de garder en tête que ses hommes sont tous coupables.. sinon la compassion vis-à-vis de leurs situations pointe vite le bout de son nez, et là on ressort de sa lecture avec un mal de ventre terrible.

Ce roman, ce sont des histoires qui s'imbriquent, se chassent et se chevauchent.

Il y a celle d'un condamné à mort que l'on suit dans ses pensées, parce qu'il a fait le choix de ne plus s'exprimer. Ses pensées sont codées (et non poétiques), elles sont à son image mystérieuses et insolubles. On ne saura jamais véritablement l'horreur qui l'a commis, le lecteur dispose de quelques bribes hautement suffisante pour imaginer le pire. Ce personnage passe sont temps à lire, il adore ça. Il voyage avec les lignes d'un bon roman. C'est sa seule ouverture sur le monde.

Face à lui, il y a l'histoire d'un autre condamné. Pour cet homme aussi, le lecteur ne déterminera pas vraiment l'étendue de son crime. A croire que l'auteur a voulu flouer les frontières entre criminel/ homme/ victime pour entraîner un attachement, un sentiment de compassion. Je vous l'ai dit, on ressort de sa lecture avec un mal de ventre terrible parce qu'on s'attache à des criminels.

Ce condamné à la différence du premier, a décidé de s'exprimer. Il veut que sa peine soit appliquée. Il veut mourir. Il ne veut plus faire appel, il veut mourir à la date qui lui a été indiqué.
Ses avocats ne sont pas du même avis, car un condamné à mort qui meurt c'est une manne d'argent en moins. Ainsi, ils vont engager la Dame.

La dame son métier c'est de reprendre les dossiers des condamner à mort, non pour les innocenter (je vous l'ai dit : ils sont tous coupables), sa mission consiste simplement à trouver de nouveaux éléments pour relancer les procès. Elle va dont fouiller le passer de cet homme qui ne demande qu'à mourir.

L'histoire de la Dame, va de pair avec celle du prêtre déchus, sa tâche consiste à accompagner les détenus vers la mort. Alors que lui-même est complètement égaré dans sa peine..

Au-dessus de tout ce monde, on suit également les pensées du directeur de cette prison. Son métier, c'est de rendre le quotidien de chacun vivable. Au sens littérale du terme : chacun doit au moins survivre à sa journée. L'horreur pour lui ne s'arrête pas quand il quitte les murs de la prison, chez lui, il doit affronter un autre mal : un cancer, celui de sa femme.

Je préfère ne pas parler du jeune garçon aux cheveux blancs, de la corruption des geôliers et des détenus condamnés à perpétuité qui n'ont plus rien à perdre.

On va suivre chaque personnage dans le présent, mais également dans leurs passés. Ainsi, on va découvrir les actions qui se sont répercutés sur leurs personnalités aujourd'hui. C'est lugubre à chaque fois.

Verdict : Ce roman est noir, aucune nuance, même pas du gris. Le lecteur se prend en pleine figure l'univers carcéral américain, comme une gifle qu'il n'a pas méritée. Il n'y a pas de rédemption, d'amour et d'espoir, il n'y a que de la violence.

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.

3 commentaires

  1. Vu ton avis, même si le sujet me plaît, je ne me pencherai pas sur ce roman. Mais je retiens le nom de John Grisham avec Le couloir de la mort.

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    1. Olalal retiens le John Grisham, tu fais bien. Il aborde le Ku Klux Klan au USA, j'ai versé des larmes, oui oui... Si tu as l'occasion n'hésite pas ;)

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  2. Ah oui, effectivement... Pourtant, entre le résumé et la couverture, j'aurais bien craqué, dis donc ! Mais là... Mais comme Topo, je retiens Le couloir de la mort, dont tu dis le plus grand bien ;)

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