14 octobre 2014

L'Arabe du futur de Riad Sattouf

Résumé : 
Un roman graphique où Riad Sattouf raconte sa jeunesse dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez al-Assad.

Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Féru de panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.

En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Le jeune Riad s’intègre tant bien que mal dans la famille de son père (il est blond, cela n’aide pas ...) et au contact de ses cousins découvre les rudiments de la vie paysanne traditionnelle. Autrement dit, la loi du plus fort.

Il ne sait pas encore que ce père qu’il admire tant appartient au camp des perdants. Il sait juste que Abdel-Razak Sattouf a une seule idée en tête, que son fils Riad devienne un arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.

Moi j'en dis : 
Une BD sortie tout droit de la sélection des coups de coeur de Copain. Et une fois de plus nos avis divergent. Il faut dire que ses goûts en matière de BD (et je ne parle même pas littérature) ce n'est pas la joie. Il parvient sans mal à dissocier style et histoire du coup, pour lui un livre peut être génial alors que l'histoire est mauvaise. Et dans le cas de la BD, il peut trouver une histoire fabuleuse alors que le dessin est terrible (dans le vrai sens du terme).

Et pour moi, c'est exactement ce qui s'est passé avec cette BD, le dessin est tellement difficile.. non, mais sérieusement c'est quoi ce choix de couleur ? Des couleurs dominantes par planche, habituellement j'adore, mais là les couleurs sont discutables : du rose, du jaune... Bouh ! Si les couleurs ont un sens, merci de m'expliquer, je suis tout ouïe.

Commencer la lecture du BD alors que les dessins et les couleurs me font saigner les yeux, c'est mal parti pour me convaincre. Encore plus quand il s'agit d'un thème que j'adore tout simplement. Le proche-orient, c'est mon Dada. C'est un peu comme mes chaussons préférés, quand j'ai besoin d'une bonne histoire, je sais que si elle se passe la-bas, ça va aller tout seul.

Résultat, Riad Sattouf frôle le blasphème ! S'emparer de moins sujet préférer pour le gâcher j'étais outré. C'est sans doute pour cela que j'ai mis un temps fou à rédiger mon avis de lecture.

Je dis ça, mais en fait Riad, il a rien demandé, l'histoire qu'il nous raconte c'est la sienne. C'est son quotidien d'enfant dans la Libye de Kadhafi, la Syrie de Al-Assad. Cela nous permet d'avoir une vision de l'intérieur de ses pays arabes qui font actuellement l'actualité. Cela remet en question notre perspective occidentale des conflits qui font trembler l'ensemble du territoire.

Pour nous ces deux présidents, sont avant tout des dictateurs, alors que dans le pays, la propagande fait qu'on les voit comme des sauveurs, des dirigeants proches du peuple. Ils sont dans un culte qui nous apparait comme décalé, inimaginable, impossible au vu de la répression et des horreurs commises.. et pourtant la machine de propagande est en marche et tout est possible.

Riad grandit dans cet univers, lui ce demi-syrien/ demi-breton va devoir se faire une place parmi les autres arabes. Ce n'est pas gagné d'avance, il est trop différent des autres, il ne parle pas leur langue, ne l'écrit pas.. il a tout pour devenir leur bouc émissaire. On va donc suivre ses aventures, ses tentatives de survit, dans un contexte qu'on n'avait pas encore vu de l'intérieur.

Verdict : Les dessins, les couleurs, l'histoire : tout m'a fait trembler. Je passe mon tour pour les tomes suivants.

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez. 
Au plaisir.


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