3 janvier 2015

Le chemin du sacrifice de Fritz von Unruh


Résumé : Ecrit alors que la bataille de Verdun fait rage et censuré jusqu’à la fin de 1918, Le chemin du sacrifice est, au même titre qu’Orages d’acier d’Ernst Jünger, dont il est le précurseur pacifiste, une œuvre majeure de l’histoire de la littérature.

Ancien officier de carrière, Fritz von Unruh se réengage dans l’armée en 1914. Il est encore auréolé du prix Kleist qu’il vient de recevoir et l’état-major lui confie la mission de faire la chronique de la bataille de Verdun qui se prépare. Mais au lieu de rédiger une œuvre à la gloire du patriotisme et de l’héroïsme des soldats allemands, Fritz von Unruh dénonce l’absurdité d’une guerre qui fait sombrer les hommes dans la folie. Implacable réquisitoire, aussi puissant que poignant, ce roman retrace le destin d’une compagnie dont les hommes vont être confrontés à la terreur de l’assaut. Que peuvent la fraternité et les rêves de paix face au déchaînement du métal en furie et à l’imminence de la tragédie?

Avis : Fritz von Unruh est un poète et romancier allemand. Il a publié de nombreux titres et des pièces de théâtres. Il a été distingué en recevant le prix Kleist. Mais avant ça, il a été officier durant la Première Guerre mondiale. D'ailleurs dans sa famille, on est militaire de père en fils.

C'est la personne rêvée pour rédiger la chronique de la bataille de Verdun qui se prépare. L'état-major lui confie donc cette mission. Il va alors, rédiger une oeuvre complètement hors du commun. Loin du patriotisme demandé lors de la commande. Cet ancien militaire va dénoncer la guerre, ni plus, ni moins !

Ce roman se déroule en 4 grandes parties : L'approche ; la tranchée ; l'assaut et le sacrifice. Dans lesquelles on suit le quotidien d'une compagnie au travers de 9 personnages : Le capitaine von Werner, l'adjudant Clemens, le lieutenant Hartmann, l'engagé volontaire Heinz, le cuistot Fips, le comédien César Schmidt, le sergent Hillbrand, le jeune tambour Preis et le pionnier des troupes d'élite Kox.
Certains seront blessés, d'autres vont mourir, tomber malade ou devenir fous. Ce qui est sûr c'est qui seront tous traumatisés !

L'auteur a réussi à leur donner du caractère, de la consistance. Il rend crédible leurs liens, leurs relations, leurs quotidiens, leurs doutes, leurs espoirs et leurs questions. Il y a une véritable complicité entre les personnages.

Chacun pose des questions, ce remet en question. Chacun est philosophe à sa manière. Ce qui est sûr c'est qu'aucun ne s'exprime comme un officier lambda. Chacune de leur réflexion est profonde et pleine de poésie. Unruh leur donne le vocabulaire d'intellectuels. C'est d'ailleurs la plus grande critique qui lui sera faite. Ces détracteurs iront jusqu'à demander s'il a bien été sur les champs de batailles.

Le récit est pour l'auteur l'occasion d'aborder par la voix de ses personnages : le devoir, la morale, la trahison, le nationalisme, le patriotisme, la religion... Il mène son récit avec intelligence, finesse, poésie et pudeur (personne ne meurt, ils vont nourrir la terre).

Il utilise souvent la technique du transfert tout au long du récit pour prendre du recul sur une situation, ou la critiquer. C'est un procédé narratif fin, intelligent !

C'est un récit original et bourré de style !

La rubrique des avis de lectures éclaires !

3 commentaires

  1. Je ne connaissais pas du tout, mais tu donnes envie de le découvrir !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vraiment un récit touchant, méconnu, et qui pourtant mérite d'être sur le devant de la scène dans ce contexte de centenaire 14/18 !

      Supprimer

Sur Instagram

© Hors les murs. Design by Fearne.