28 septembre 2017

Mon père, ma mère et Sheila de Eric Romand


J'ai découvert ce roman grâce aux éditions Stock.
Merci à vous, pour cette opportunité de lecture !


Résumé :
C’est l’album d’une famille, issue d’un milieu populaire, avec ses codes, ses tabous, ses complexes, son ignorance, ses contentieux, dans les années 70 et 80. Le narrateur y raconte son enfance solitaire au milieu des turbulences. Pour son entourage, il a des goûts bizarres, des attitudes gênantes, des manières qui provoquent la colère de son père et la désolation de sa mère. Il dessine des robes et coiffe les poupées de sa sœur. Il fait son possible pour ne pas ajouter au malaise. Pour s’échapper, il colle son oreille à son mange-disque. Regarde les émissions de variétés scintillantes… Et admire une célèbre chanteuse  dont il aime les robes à paillettes, les refrains joyeux. Il voudrait être elle. Il voudrait être ailleurs. 

Un premier roman tout en sensibilité sur fond de nostalgie douce amère et d’humour salutaire.

Moi j'en dis :
Encore un titre que j'ai annoté d'un coeur lors de la présentation de la rentrée littéraire par l'éditeur. Je dois dire que la prise de parole de l'auteur m'a particulièrement touchée. Eric Romand a parlé de son roman avec beaucoup de retenu, mais aussi beaucoup d'émotions. Quelques mots de sa part et je me suis dit que son travail d'écriture avait dû être un chamboulement et le fait de livrer son roman au public devait en être un nouveau.

Je l'ai commencé sans relire le résumé, en ayant en tête l'impression de mélancolie que l'auteur avait en parlant de son roman.

Résultat ? Je me suis pris la puissance du texte comme une claque pas méritée.

Il nous parle de sa jeunesse, une jeunesse en décalage, loin d'être rose. Une jeunesse où il a été difficile à l'auteur d'être lui-même, par peur des déceptions de sa mère, des brimades psychologiques et émotionnelles de son père et du rejet de ses amis.

Il nous parle de sa jeunesse et de ses regrets. Il le fait sans rancœurs, avec pudeur, humilité et simplicité comme on raconte des faits et leurs conséquences. C'est d'autant plus bouleversant.

Plus d'une fois, il est question de racisme, d'homophobie et surtout de préjugés ordinaires d'une époque. Plus d'une fois, je me suis indignée d'une des réactions de ses parents à son encontre, ou à l'encontre d'un de leurs proches. Plus d'une fois, j'ai eu envie de secouer le héros dans sa quête de reconnaissance et d'amour auprès de ceux qui ne le méritent pas, tout simplement. J'ai attendu avec impatience son émancipation. Plus d'une fois, il m'a donné envie d'entrer dans le roman pour lui dire It Gets Better (un peu comme une star du projet !) et lui faire un câlin. Plus d'une fois, j'ai eu l'impression de suivre l'enfance, l'adolescence et l'envol d'un ami. Et c'est certainement une des forces de l'auteur, rendre son texte accessible.

La construction est à l'image d'un patchwork.

Dans ce roman, pas de chapitre, mais un enchaînement de paragraphes plus ou moins longs. Chacun correspond à une pensée qui s'associe ou non à la suivante, mais qui surtout trouve une place globale dans le texte. L'articulation semble aléatoire au début du roman et rapidement, on réalise le contraire. Chaque information est distillée avec soin, au moment importun. Tout vient à point à qui peut attendre. Chaque mot semble pesé, chaque pensée semble accouchée avec difficulté.

Verdict : Ce récit, c'est plus qu'un roman de la rentrée littéraire, c'est un exutoire, c'est une thérapie. C'est un acte de résilience. D'ailleurs, à la fin de ma lecture, j'étais soulagée de voir que l'auteur avait fait quelque chose rien que pour lui.


Bonus : Pour récupérer mon exemplaire ? Simple : laissez un commentaire ou envoyez-moi un mail (bibhorslesmurs@gmail.com). Un tirage sera organisé pour départager les participants ;-)

Les infos : 
Date de parution : 23/08/2017
Editeur : Editions Stock
Nb. de page : 112 pages
Prix : 14.50€

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.



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