#BLOGLIFE - BILAN 2017 : TOP 10 ROMANS

29 décembre 2017






  • Lait et miel de Rupi Kaur (Charleston - 22/09/2017)
Un recueil de poésie en 4 parties. 4 parties pour 4 phases de la vie de l'auteur. Tout au long de ces parties, on assiste à la résilience et plus que ça a la résurrection de l'auteur.
Elle nous propose des poèmes plus ou moins courts, ponctués d'illustrations. Des poèmes incroyables, inspirants, enrichissants et redoutables. Des poèmes concrets avec des thématiques percutantes et universelles. Des poèmes coups de cœur ou coup de poing.
Quand la souffrance se transforme, en poésie, en amour, en espoir, en courage, en bienveillance et surtout en réalisation de soi : C'est beau, c'est triste, c'est ouf !

  • Les huit montagnes de Paolo Cognetti (Stock  - 23/08/2017)     
Ce roman, c'est l'histoire de Pietro et celle de Bruno, l'un vient de la ville et l'autre de la montagne. Ils se rencontrent à Grana dans le Val d'Aoste et s'y retrouvent tous les étés pendant les vacances de Pietro. Ils se rencontrent, s'apprivoisent et tissent une amitié solide et fulgurante.

L'un est observateur, taiseux et réfléchi, l'autre est agile et sensible. L'un est fort, l'autre futé. Pas d'ambiguïté entre eux, ils partagent une amitié simple et sincère. Une amitié fraternelle, fusionnelle et amoureuse. Ensemble, ils vont parcourir la montagne, vivre mille et une aventures. Ils vont tout partager et puis se perdre de vue, pour mieux se retrouver.

On assiste à la naissance d'une amitié qu'on jalouse aisément.

On assiste à la construction d'un homme, celle de Pietro avec ses souvenirs de jeunesse, ses choix, ses questionnements et les prémisses de son émancipation. Son rapport à la vie. Ses relations avec ses parents, notamment son père. Un père incroyablement inspirant… Enfin, ça, c'est ce qu'il projette. Pietro, lui, le voit plutôt un homme envahissant, despote et pénible. Il ne se reconnaît pas dans le regard de son père et d'ailleurs, lui-même ne connaît pas son père. La grande question de ce roman ? Vont-ils avoir le temps de se découvrir ?

On assiste à l'histoire d'amour entre un homme et la montagne. Histoire d'amour qui se transforme rapidement en triangle amoureux... Parce que le lecteur, lui aussi, est invité à tomber amoureux au fil des pages. Je suis tombée amoureuse.

Ce roman, c'est un bout d'héritage. C'est une histoire de filiation. C'est une histoire de construction, de réalisation de soi. C'est une histoire de rencontre. C'est une histoire de solitude. C'est une histoire de rupture et de réparation. C'est une histoire de souvenirs. C'est une histoire d'homme. C'est une histoire de père. C'est une histoire de fils.
C'est un roman mélancolique, plein de nostalgie. D'une beauté à couper le souffle. Il m'a donné des envies de montagne, des envies de neige... C'est une prouesse pour l'amoureuse du soleil que je suis.

  • Looping d'Alexia Stresi (Stock - 08/03/2017)
Quelle aventure ! Le destin incroyable de trois femmes : Camilla, Noelie et Chicca. La mère de la fille et sa petite-fille. Enfin, c'est plutôt l'histoire mouvementée, incroyable, fantastique de Noelie que l'auteur nous conte.
Oui, elle nous raconte son histoire à l'image d'un conte, un conte auquel on croit dur comme fer, tant c'est crédible, réaliste.. Elle nous embarque dans cette famille pas comme les autres et on y croit. Puis, révélation : tout est fiction ! Je me suis fait avoir. C'est dire la poigne de l'écriture, le charisme des personnages et l'impression de véracité de l'histoire dans l'Histoire.
Coup de cœur pour ce bout d'histoire, pour ce récit entraînant à l'image d'une aventure fabuleuse et pour ces héroïnes féministes avant l'heure sans aucune revendication que celle de disposer de leurs droits.


  • La porte du ciel de Dominique Fortier (Editions les Escales - 05/01/2017)
Ce tout petit roman, est plein de grandes et de petites choses sur l'Histoire des Etats-Unis. C'est également un rappel des faits, une remise en mémoire du sort réservé aux esclaves. Une lecture qui pousse à l'indignation évidemment.

  • Monsieur Origami Jean-Marc Ceci (Gallimard - 25/08/2016)      
L'éclair de sensation ! Quelques pages pour une histoire tout en silence qui remuera la réalisation de soi et les choix personnels de tous les lecteurs. Digne d'un conte oriental, un brin mystique et incompréhensible, avec des éclairs de révélations qui apparaissent et disparaissent encore plus vite. Il mérite d'être relu à voix haute... Oui, rien que ça !




  • Ecoutez nos défaites de Laurent Gaudé (Actes Sud - 17/08/2016)
Un roman très court et très fort sur la vanité de toutes les guerres, de toutes les batailles... Celles qui sont gagnées et celles qui sont perdues. D’ailleurs peut-on parler de victoire quand les morts se comptent par milliers ? Ce roman, c’est une leçon de vie, une claque douloureuse qu’on n’oublie pas de sitôt, encore plus ces derniers temps.

  • Mon autopsie de Jean-Louis Fournier (Stock - 30/08/2017)
J'ai déjà eu l'occasion de lire d'autres titres de l'auteur et à chaque fois j'en ai surtout retenu le ton et l'humour avec lesquels il nous raconte des choses de la vie ordinaire. En un tour de mots, il arrive à transformer l'ordinaire en plus que ça.

Dans Mon autopsie, je dois dire qu'il est au sommet de son art, il n'est pas juste dans la dérision, il est dans l'auto-dérision. Et bon sang, le résultat est truculent !

Le sujet du roman, c'est lui et il a décidé de tailler dans le vif, au sens littéral. En effet, il s'avère que Jean-Louis Fournier est mort, ayant fait don de son corps à la science, il est actuellement sur une table d'autopsie et une étudiante en médecine s'apprête à étudier le corps, le coeur et le cerveau. Avec elle, nous allons analyser l'homme.

Des chapitres courts qui s'enchaînent avec une fluidité digne d'un tour de magie. Ce roman se lit d'une traite, sans le vouloir, juste parce qu'on ne peut pas s'arrêter, il se lit tout seul. Un chapitre, un sujet.. Ou presque, à chaque fois mis en lumière par des titres hauts en couleur.

L'auteur se raconte et il est loin d'être tendre avec lui-même. Aucune fausse modestie, pas d'humilité mal placée. Il se raconte, travers et défauts en première ligne. Il partage de page en page un peu de son intime à la fois physique et surtout, suuuurtout émotionnel et intellectuel. Son passé, son présent, ses pensées, ses regrets, ses remords, ses incertitudes, ses faiblesses, ses questionnements sur la vie, sur la mort, sur la religion, sur l'amouuuur, sur la politique, sur la famille, sur l'écriture, sur la séduction, sur la jalousie.

Il nous parle de tout, de rien, sans jamais s'y perdre. Il enrobe le tout d'un éclat de subtilité, une grande dose d'élégance et de grâce. C'est passionnant et pourtant si ordinaire. La force de ce texte ? Sa simplicité. Ce roman, c'est de la poésie ordinaire, la poésie la plus accessible, la plus concrète et la plus douce.

Séducteur dans la vie, séducteur dans la mort.. j'ai été complètement séduite dans ma lecture. L'auteur jongle avec les mots, et il est brillant. C'est touchant, émouvant, drôle, surprenant, jubilant et plus encore. 
               
  • Sa mère de Saphia Azzeddine (Stock - 23/08/2017)       
La force de ce roman ? Son héroïne.

Marie-Adélaïde, c'est une héroïne à mi-chemin entre Fidèle du roman Dysfonctionnelle de Axl Cendres, Paloma du roman L'Élégance du hérisson de Muriel Barbery et Holden L'Attrape-cœurs de J. D. Salinger.

Une héroïne remuante qui n'a pas sa langue dans sa poche, à qui la vie n'a pas fait l'effort de lui faire de cadeaux, et cela, dès sa naissance. Une naissance sous X, sous mauvais augure. Une adoption avortée, un passage en prison, aucune perspective d'avenir... Loin d'être en échec, elle est en questionnement et à force de questions, elle s'y perd.

À la recherche d'un point d'ancrage, elle va se lancer dans la quête et l'enquête de l'identité de sa mère. Mère, dont elle s'est fait une image très précise.

De chapitre en chapitre, elle se lance dans des diatribes et de disgression en digression, elle se raconte en toute sincérité et de façon spontanée : son quotidien, ses décisions (bonnes ou mauvaises), ses doutes, ses raisonnements, ses rencontres. À aucun moment, elle ne tombe dans l'étalage de sentiments et le pathos. Elle ne tente pas de nous attendrir.

Elle nous parle d'elle, mais aussi de la société. Dont elle fait une critique cinglante et cynique, notamment sur le comportement des gens. Un brin moralisatrice, elle tient néanmoins des propos qui ne laissent pas de place au faux-semblant et à l'hypocrisie. C'est vivifiant.

Marie-Adélaïde, elle est piquante et mordante. Elle est drôle, parfois grinçante, un peu cynique et surtout authentique. Elle mord tout ce qu'elle touche. Concrètement, elle n'a pas foi en l'humain et pourtant elle est indulgente et bienveillante avec tous ceux qu'elle croise. Impossible de ne pas s'attacher à ce bout de jeune femme et lui souhaiter de trouver les réponses à ses questions et surtout des lendemains plus doux.

Ce roman se lit à mille à l'heure. Pour en savoir plus sur l'héroïne, son crew farfelu et son enquête fatidique. J'ai l'ai lu avec les yeux exorbités d'un bout à l'autre, pour deux raisons : à chaque réflexion sociétale ou géopolitique, je me suis dit "non elle n'a pas osé ?!". À chaque avancée dans l'enquête de Marie-Adélaïde j'étais comme une groupie qui soutient sous poulain. Évidemment, j'avais le cœur qui battait la chamade. Ce roman ne se lit pas, il se vit.

Saphia Azzeddine boxe avec les mots. Sans jamais nous perdre, l'auteur nous propose une histoire intéressante d'un bout à l'autre. Une histoire portée par une enquête, mais au final, c'est tellement plus que ça. C'est une histoire de place dans la société, d'équilibre et de réalisation de soi. C'est aussi et surtout, une vive, très vive, critique des rapports humains pollués par le paraître, la position sociale et l'argent. 

  • Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson (Julliard - 05/01/2017)
C'est l'histoire d'un amour ordinaire dans une époque et un contexte qui le rend extraordinaire, les années 80.
Le héros, un jeune homme de 17 ans, nous invite dans son intimité, et nous raconte son histoire d'amour clandestine et éphémère avec Thomas. Il nous raconte chaque étape de cette histoire : Les balbutiements du début, la routine qui s'installe, mais aussi sa fin. Un amour de quelques mois qui marquera à jamais sa vie et celle de son compagnon.
               
  • La daronne de Hannelore Cayre (Métailié - 09/03/2017)
J'ai adoré ! J'ai commencé ce roman avec un certain sens de la justice... et puis j'ai dérapé au même rythme que la daronne, avec une grande, très grande crainte : qu'elle se fasse prendre, autrement dit que la justice fasse son travail ! C'était complément ouf ! Piquant, dynamique et renversant... Le ton est direct, naturel et fluide. C'est drôle et surtout cinglant. L'auteur profite de son héroïne, des situations qu’elle rencontre, des bras cassés qu'elle croise pour nous livrer une critique piquante et virulente de la société, des conventions sociales, de l'administration. Elle le fait sur un ton percutant, sans demi-mesure... pas de place aux débats : elle annonce des faits, elle prouve des situations par A+B qui sont édifiantes et très instructives !                



Et vous, quels sont les meilleurs romans de votre année 2017 ?
Au plaisir.

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