28 mars 2018

​​​#01 - Prenez soin de votre temps


Vous êtes une victime du temps qui passe trop vite ? 
Cette rubrique est faite pour vous !

Une rubrique qui temporalise mon meilleur-plus-que-plus-que-mieux de la culture. 
Une rubrique qui met en relation plusieurs supports culturels autour d'une thématique. 
Une rubrique sélective, élitiste, critique, hautement subjective et surtout humblement modeste.
En échange, j'attends vos retours, vos avis, vos débats. On va bien rire !

*

Pour inaugurer cette rubrique, il me fallait LA thématique idéale et LA motivation d'un projet global qui dépasse ma procrastination dévorante. C'est le Femini-Books qui m'a fourni les deux, d'un coup ! 

En Mars, journée internationale des DROITS des femmes oblige, une chaîne humaine virtuelle a été organisée autour de la thématique du féminisme sur booktube et sur la blogosphère. Ce ne sont pas moins de 62 participants qui ont, ou vont se joindre à cet élan. Hier, la blogueuse Fictionista a partagé son article, demain ce sera à la tour de Mme Cielle et aujourd'hui vous l'aurez compris, c'est mon tour. 

Avant d'entrer dans le vif du sujet il convient de rappeler la définition du terme féminisme.
"Mouvement social qui a pour objet l'émancipation de la femme, l'extension de ses droits en vue d'égaliser son statut avec celui de l'homme, en particulier dans le domaine juridique, politique, économique; doctrine, idéologie correspondante." Source : Centre National de Ressources textuelles et lexicales.
En partant des bonnes bases, il est évident : We all should be feminist !

Pour cet article, j'ai décidé de vous présenter les plus beaux, les plus forts, les plus terrifiants, affligeants, redoutables portraits de femmes, que j'ai rencontrés dans mon parcours culturel ! Des portraits de femmes qui mettent en lumière les inégalités de droits dans le monde, des portraits de femmes dont la dignité est bousculée et l'humanité ignorée. Et aussi, des portraits de femmes fortes, indépendantes, courageuses, intrépides et inspirantes.





5 minutes et 11 secondes 
Ibrahim Maalouf - Run The World








1 heures et 19 minutes

Fatima de Philippe Faucon (2015)

Fatima vit seule avec ses deux filles : Souad, 15 ans, adolescente en révolte, et Nesrine, 18 ans, qui commence des études de médecine. Fatima maîtrise mal le français et le vit comme une frustration dans ses rapports quotidiens avec ses filles. Toutes deux sont sa fierté, son moteur, son inquiétude aussi. Afin de leur offrir le meilleur avenir possible, Fatima travaille comme femme de ménage avec des horaires décalés. Un jour, elle chute dans un escalier. En arrêt de travail, Fatima se met à écrire en arabe ce qu'il ne lui a pas été possible de dire jusque-là en français à ses filles.

​> Intégration | Vie ordinaire

Mon avis : Fatima, une femme ordinaire, issue de l'immigration. Elle ne maîtrise pas tout à fait la langue française, mais ça ne l'empêche aucunement de tenter de s'intégrer autant qu'on lui permet. Ses projets ce sont ceux de ses filles. Entre disputes, frustrations et incompréhensions, elles n'en sont pas moins un soutien sans failles les unes pour les autres. Davantage encore, quand un accident du travail rend le quotidien de Fatima de plus en plus amère.

Cette femme m'a épatée ! Elle fait face à une succession redoutable de violences émotionnelles et symboliques sans jamais perdre foi en l'humanité. Fière et combative, elle ne se laisse pas abattre par ceux qui veulent bousculer sa dignité. Elle est bouleversante et inspirante.


1 heures et 33 minutes

Mustang de Deniz Gamze Ergüven (2015)

C'est le début de l'été.
Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues.
La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger.
Les cinq sœurs, animées par un même désir de liberté, détournent les limites qui leur sont imposées.

​> Turquie | Poids des traditions | Liberté | Place de la femmes 

Mon avis : Ce film, c'est une palette d'émotions, de sensations : du rire, de la colère, de la joie, de la peine, des larmes, du rire, de la peur, de la peine, de la peine, des larmes, de la colère. Il commence comme une douce comédie, et à mesure que les minutes passent, il prend une tournure dramatique. Sur un prétexte fallacieux, on assiste à la privation de liberté de cinq jeunes filles, petit à petit, privilège après privilège. Elles ne vont pas se laisser faire. Fougueuses et inventives, elles vont lutter et batailler avec courage et détermination. Un combat à la David vs Goliath avec en suspens une seule grande question, vont-elles parvenir à s'affranchir ?

Ce film c'est un coup sur la table qui rappel que la condition de la femme est précaire et que nous sommes impuissants. Les 5 sœurs portent les traits de toute une génération, enfin plutôt disons-le, d'un sexe, qu'on n'hésite pas à sacrifier sur l'autel du "qu'en-dira-t-on"


1 heures et 38 minutes

Noces de Stephan Streker (2017)

Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Écartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son grand frère et confident, Amir.

> Poids des traditions | Communauté pakistanaise | réalisation de soi

Mon avis : Zahira, une héroïne de dix-huit ans qui du jour au lendemain va voir les rapports avec sa famille dégénérer. Une famille a priori aimante et compréhensive... enfin, à condition qu'elle leur obéisse les yeux fermés ! Qu'est-ce qui se passe quand elle ouvre les yeux ? Elle est confrontée au poids des traditions pakistanaises et va devoir faire un choix entre sa liberté et sa filiation. Elle se retrouve écartelée.

L'héroïne ouvre les yeux, puis les referme... concrètement elle cligne des yeux sur sa situation. Elle n'assume jamais complètement ses décisions, elle tourne en rond. Un véritable pivot ! Elle parvient avec peine à s’émanciper sans émoi d'un quotidien qui était douillet la veille encore. Plus d'une fois je me suis dit "bon si tu prends pas une décision, ils vont la prendre pour toi !" Une réflexion et d'un coup j'ai pris la mesure de la situation. La mesure de l'injustice.


1 heures et 37 minutes

Wadjda de Haifaa Al Mansour (2013)

Wadjda, douze ans, habite dans une banlieue de Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite. Bien qu’elle grandisse dans un milieu conservateur, c’est une fille pleine de vie qui porte jeans et baskets, écoute du rock et ne rêve que d’une chose : s’acheter le beau vélo vert qui lui permettra de faire la course avec son ami Abdallah. Mais au royaume wahhabite, les bicyclettes sont réservées aux hommes car elles constituent une menace pour la vertu des jeunes filles.

> Arabie Saoudite | poids des traditions | Liberté | Place de la femme 

Mon avis : Une petite histoire de jeune fille qui veut s'acheter une bicyclette dans un contexte particulier, celui de l'Arabie Saoudite d'aujourd'hui. Déterminée à s'acheter la bicyclette que la société lui interdit et que sa mère lui refuse, la jeune fille va participer à un concours de récitation coranique organisé par son école avec à la clé la somme qui lui permettra de faire son achat clandestin.

Une belle critique de la situation de la femme sous le couvert d'une comédie dramatique familiale simplette. La bicyclette n'est qu'un prisme qui permet de mettre en lumière tous les interdits qui entravent la femme. Et pour aller encore plus loin, les manigances autour des unions/ mariages sont également abordées. Ainsi, on découvre au détour d'une scène qu'une femme qui ne met pas au monde un garçon peut se voir répudiée, sans même être tenue informée.

Wadjda porte en elle la puissance de la révolte qui couve dans le pays. Elle représente l'espoir qui fera dérailler le système patriarcal moyenâgeux.


1 heure et 34 minutes

The Breadwinner de Nora Twomey

Une petite fille vivant en Afghanistan se déguise en garçon afin de pouvoir travailler et faire vivre sa famille.

> Afghanistan | Poids des traditions | Liberté | Place de la femme Adaptation

Mon avis : Parvana, onze ans, une toute petite fille déjà suffisamment grande pour subir les interdits imposés par les talibans : voile intégral et obligation d'escorte masculine dans les espaces publics, interdiction de commercer ou même de communiquer avec les gens du sexe opposé, enseignement hautement proscrit. Pourtant, elle va devoir contourner tous ces interdits si elle veut soutenir sa famille. En effet, depuis que son père a été fait prisonnier, leur survie repose sur elle. À partir de là, elle va se déguiser en petit garçon et découvrir une denrée qu'elle n'avait encore jamais goûtée : la liberté.

L'animé ne tente en rien d'édulcorer la situation terrifiante d'un pays où rien ne va plus. L'histoire de Paravan est d'une tristesse sans commune mesure. Elle est courageuse, intrépide, rusée, impétueuse. Bercée par les histoires partagées par son père, elle saupoudre son quotidien de magie grâce à un conte qu'elle raconte à son petit frère et nous octroie une bouffée d'oxygène, bien que le conte, comme tout bon conte soit lui aussi terrifiant.

Parvana va me hanter. Elle ne porte en elle aucun espoir. Elle dresse simplement la cruauté d'une situation. Elle nous met face à l'horreur et nous rappelle notre impuissance et notre inutilité. Elle nous rappelle également qu'il ne tient qu'à nous de prendre position !







2 heures et 2 minutes

Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (Phébus - 2012)

> Témoignage | Condition de la femme | Dignité humaine

Mon avis : 1919, des Japonaises quittent leur pays pour épouser des hommes qu'elles pensaient charmants sans les avoir rencontrés. Elles se retrouvent exploitées et loin, très loin de la vie dont elles rêvaient.

L'auteur nous propose le récit de leur témoignage. Elle raconte comment leur quotidien sera baigné de désenchantements, de désillusions, d'humiliations, et comme si ça ne suffisait pas, de racisme et d'atrocités, notamment pendant la guerre. 

Pour rendre justice à leur pluralité, elle raconte l'histoire à la première personne du pluriel. Ce nous est d'une profondeur abyssale. L'auteur livre le portrait de ces femmes (d'une dignité de martyres), et avec leur histoire, elle nous rappelle les oublies volontaires de la grande Histoire. C'est bouleversant sans frôler le pathos. 


5 heures et 53 minutes 

Moloka'i de Alan Brennertac (Charleston - 2014)

> Lèpre | Hawaï | Exclusion

Mon avis : Un roman sur la lèpre... et sur tellement plus que la lèpre. C'est un roman riche, dense qui fourmille de personnages et d'informations. J'ai appris un million de choses, des petites, des grandes, des révoltantes, des touchantes, des tranchantes. J'ai été bouleversée par des personnalités et chamboulée par des fonctionnements. 

En 1892, quand on rencontre, Rachel, notre héroïne, elle est à peine âgée de sept ans. Une petite fille comme les autres : curieuse, intelligente, intrépide, audacieuse et fière. Elle est toujours partante pour s'amuser, se salir et rigoler. Elle mène une vie ordinaire. Pourtant, en 1892, la vie est loin d'être ordinaire à Hawaii, l'archipel est touché par une épidémie de lèpre. Ceux qui sont contaminés sont envoyés (contre leur gré) sur l'ile de Molokai. Une ile isolée qui fait office de léproserie/camps de confinement. Rachel, diagnostiquée lépreuse, sera envoyée en quarantaine sur cette ile.

Avec Rachel, nous allons découvrir Molokai et le village Kalaupapa, le quotidien des habitants, leur routine, leurs batailles (leurs défaites) avec la maladie et surtout la vie qu'ils vont mener envers et contre tout ! Rachel petite, Rachel adolescente, Rachel adulte.. elle m'a impressionnée par sa persévérance, sa force, sa sagesse et son optimisme. A chaque épreuve, elle continue. Son crédo « Rien ne pourra jamais être pire que ce qui m'arrive là ». Elle est bluffante. Elle est inspirante.


3 heures et 24 minutes

L'Idée ridicule de ne plus jamais te revoir de Rosa Montero (Métailié - 2015)

> Amour | Mort | Deuil

Mon avis : Deux thèmes : l'amour et le deuil ; deux destins : celui de l'auteur et celui de Marie Curie. L'auteur confronte leurs réactions face à la perte d'un être cher, en l'occurrence un époux. Elle aborde plusieurs questions qui flirtent avec le deuil, à savoir : la vie, l'amour, l'amitié... Sans pour autant se limiter à ça, elle nous parle aussi d'elle, de son rapport à l'écriture, à l'art. Fervente féministe, elle n'oublie pas de nous donner une leçon sur la place imposée (et réel) à la femme dans la société. Elle nous donne son point de vue sur tout, sur rien... et tout est un prétexte pour nous parler de Marie Curie et son parcours, sa famille, ses choix, ses aspirations, ses réussites, ses échecs, ses amis, ses ennemis.

En quelques pages, on suit le parcours de Marie Curie, de ses débuts à sa fin, en passant par les épisodes phares de sa vie privée, à savoir ses amours, ses enfants, son deuil ; et les épisodes phares de sa vie professionnelle à savoir son travail sur le polonium et le radium qui lui ont valu ses Prix Nobel. Puissance, dignité, aplomb.. Ô Marie-Curie, quelle femme ! J'en suis tombée amoureuse.


3 heures et 10 minutes 

La tresse de Laetitia Colombani (Grasset - 2017)

> Condition de la femme | Dignité humaine | Féminisme

Mon avis : La tresse, c'est l'histoire de trois femmes. Trois femmes extraordinaires que tout sépare et qui pourtant se retrouvent au même instant dans leur parcours de vie : ce moment, cet instant T, ce fameux carrefour du changement, ce premier jour du reste de leur vie. Elles sont à l'aube d'une bataille qu'elles vont devoir affronter seule. 

Des batailles pour le respect de leur dignité qui va les mener dans des situations impensables, révoltantes, abjectes et choquantes. Elles m'ont profondément bouleversé. Avec elles, je suis passée par mille émotions : de la peine, de la peur, de la compassion... Et de la colère pour ceux et celles qui les entourent sans prendre soin d'elles, sans les soutenir, sans les considérer. Je me suis sentie profondément impuissante, parce que les situations décrites sont loin d'être uniquement fictives.

Smita, Julia et Sarah sont d'une humilité incroyable. Elles sont courageuses et inspirantes, et pourtant, elles font face à des situations abominables.

L'auteur, sans dramatiser et sans banaliser, nous propose un roman implacable sur la condition des femmes dans le monde ; sur les violences physiques, verbales et invisibles qu'elles subissent ; sur lâcheté ordinaire et la passivité de ceux qui voient et ne réagissent pas.



2 heures and 56 minutes

Lait et miel de Rupi Kaur (Charleston - 2017)

> Poésie | Féminité | Réalisation de soi | Résilience

Mon avis : Un recueil de poésie en 4 parties. 4 parties pour 4 phases de la vie de l'auteur. Tout au long de ces parties, on assiste à la résilience et plus que ça, à la résurrection de l'auteur.

Elle nous propose des poèmes plus ou moins courts, ponctués d'illustrations. Des poèmes incroyables, inspirants, enrichissants et redoutables. Des poèmes concrets avec des thématiques percutantes et universelles. Des poèmes coups de cœur ou coups de poing.

Quand la souffrance se transforme, en poésie, en amour, en espoir, en courage, en bienveillance et surtout en réalisation de soi : C'est beau, c'est triste, c'est ouf !


Bandes-dessinées :




9 heures et 31 minutes 

Habibi de Craig Thompson (Casterman - 2011)

> Conditions de l’Homme | Destinée | Culture orientale | Religions

Mon avis : Habibi, c'est 670 pages, 1.432 Kg et surtout, c'est un chef-d'oeuvre. C'est un conte digne des mille et une nuits, rythmé par des histoires, des légendes et de la poésie.

C'est l'histoire de Dodola et Zam, deux enfants, deux esclaves qui vont se rencontrer par hasard et ne plus se quitter. Ils vont grandir ensemble, se protéger et se soutenir l'un et l'autre. Une complicité et une solidarité digne d'une relation mère-enfant vont se mettre en place entre eux. Ils vont éviter le monde et ses bassesses autant que faire se peut, mais ne pourront échapper à la violence et la dureté de l'homme, aux humiliations. Ils seront tour à tour le soutien de l'autre et deviendront rapidement interdépendants. 

Avec ces personnages, l'auteur nous propose une approche des cultures orientales et de la religion musulmane sans commune mesure. Il décompose son histoire en 3 grandes parties qui s'alternent, se suivent, se répondent et s'imbriquent : le présent, le passé et la légende, celle du Coran.

Craig Thompson nous propose un ouvrage d'une précision remarquable, tant concernant le fond que la forme. Il fait preuve d'un regard très acéré sur la culture orientale et la religion. Il nous parle de réalisation de soi, du rapport à l'autre, de solidarité. Mais aussi de souffrance, de désir, d'émancipation, de croyances. Et encore plus de racisme, de féminisme, d'environnement, du rapport à l'argent, de l'appât du gain.

La structure de l'histoire est ingénieuse. Les allers et retours dans le temps sont finement amenés. Les chapitres se répondent à la perfection et sont rythmés par les paraboles religieuses et mystiques. Le tout, sans perdre en compréhension et lisibilité. À aucun moment, l'auteur n'aborde un sujet sans le traiter en profondeur. Ici, pas de place à la superficialité.

C'est une prouesse, l'auteur ne nous raconte pas une histoire, il jongle avec et on le regarde éberlué.

Et ce n'est pas fini… Son approche graphique est prodigieuse, je suis allée de surprise en surprise, à chaque planche, j'étais encore plus scotchée que pour la précédente. Aucune planche ne se ressemble, aucune ligne n'est identique. Tout est déconstruit pour composer une harmonie à tomber par terre. L'auteur maîtrise le mouvement, la lumière et les volumes à la perfection. Le tout proposé avec une palette de noir et blanc aux mille nuances.

C'est captivant. C'est impressionnant. C'est homérique !


3 heures et 10 minutes 

Les cent nuits de Héro de Isabel Greenberg (Casterman - 2017)

> Contes Amours Condition de la Femme

Mon avis : Digne des mille et une nuits ! J'ai adoré la lecture de cet album qui se dévore comme un conte. L'auteur nous propose une histoire de luttes des droits des femmes, une histoire d'amitié et d'amour au-delà du genre et aussi, et surtout, une histoire sur pouvoir de la lecture, de l'instruction et de la transmission.

C'est l'histoire d'un pari de séduction entre Manfred et Jérôme. Considérant la chasteté de son épouse Cherry comme un trophée, Jérôme met au défi Manfred de corrompre son épouse, pour cela il a cent nuits. Mais c'est sans compter la ruse et le dévouement de Héro, la servante de Cherry qui va bercer Jérôme et toute la communauté autour, d'un conte fleuve irrésistible qui imbrique une succession de histoires et de légendes plein de mystères, qui transpire le féminisme.

C'est intelligent. C'est poétique. C'est engagé.






1 jours et 6 heures

Borgen de par Jeppe Gjervig Gram et Tobias Lindholm (série terminée / 3 saisons)

Borgen décrit les batailles politiques pour le pouvoir au Danemark et les sacrifices personnels qu’elles entraînent. Le personnage principal, Birgitte Nyborg, est une femme politique qui a permis à son parti d’obtenir une victoire écrasante. Elle doit maintenant répondre aux deux plus importantes questions de sa vie : comment utiliser au mieux cette majorité et jusqu’où peut-on aller pour obtenir le pouvoir...

Mon avis : Birgitte, je l'ai rencontré par hasard en zappant. J'en suis irrémédiablement tombée amoureuse d'elle. Un personnage entier et intelligent au service d'une série politique (ma première et ma dernière, d'ailleurs) passionnante. Birgitte il faut la rencontrer pour la comprendre !




Deux spetacles de la compagnie Mémoires Vives : Je suis à l'affut de tous leurs passages à Strasbourg et environs. Je suis amoureuse de leur intelligence, de leur sens de l'égalité, de leur l'engagement et surtout, surtout de la façon dont ils font passer des messages universels et cosmopolites. Leurs armes : Du chant, du théâtre, de la danse pour une combinaison explosive !


2 heures

Quand nos Luttes auront des Elles de la compagnie Mémoires Vives*

Aucune envie de trahir ce spectacle avec mes impressions bancales, alors, je vous laisse découvrir le résumé et je vous dis simplement que je l'ai tant aimé que je l'ai vu deux fois :

Little, chef d’un gang 100% féminin réunit ses nouvelles recrues : Venus, Eve, Coton, Bulle, Mademoiselle. L’objectif ? Braquer leurs droits.

Au détour de la pièce, ces 6 femmes d’aujourd’hui nous racontent, incarnent, questionnent ces « grandes dames » qui ont par leurs actes et leurs pensées transformé le monde… Elles nous en parlent sans détour avec humour et gravité, avec tendresse et violence, avec la voix, le corps, l’image et le son…

Ce combat des femmes pour l’émancipation sociale, politique, sexuelle, cet héritage qui les habite, elles l’interrogent, le défendent ou le contestent, le bousculent, le transcendent, l’adaptent à leur propre réalité, leurs propres trajectoires. De cet héritage qui les habite, qu’elles habitent, elles s’extirpent et en parlent entre elles… avec nous.

Pas d’angélisme ou de féminisme de principe dans cette création. La plupart des femmes ne sont ni muettes et soumises, ni activistes de l’ultra féminisme. Mais à l’intersection. "Quand Nos Luttes Auront des Elles" consacre la femme ordinaire qui décide un jour de se « donner des ailes » et de défendre une cause, petite ou grande, noble car humaniste, dans l’oubli de tout ce qui fait une femme, en survolant tout ce qui était prévu qu’elle soit.


1 heure et 15 minutes

UN RÉCITAL AUX ENFERS de la compagnie Mémoires Vives

Mon avis : En octobre, j'ai eu le plaisir d'assister à la soirée inaugurale du spectacle "Un Récital aux Enfers" dans le cadre des Semaines de l’égalité et de lutte contre les discriminations organisées par la Ville de Strasbourg. 

Une pièce inspirée de l’œuvre originale de Germaine Tillion "Le Verfügbar aux Enfers", une opérette qui se déroule à Ravensbrück. 

Six femmes sur scène, 6 femmes dans ce huis clos, 6 victimes parce qu'elles ont été différentes. Si la pièce place un cadre bien temporalisé avec des décors concentrationnaires, leur histoire est intemporelle : enfermées malgré elles, sans atomes crochus ou pires partageant des velléités les unes contre les autres, elles vont apprendre à cohabiter, dénoncer des comportements qu'elles reproduisent, pour finalement faire front commun. C'est plus qu'une pièce, c'est une leçon d'humilité et de courage.


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Encore envie d'un article autour du féminisme ?
Aujourd'hui, c'est également au tour de la booktubeuse Lunatrix Lovestrange de partager sa vidéo ;-)
Pour aller (encore) plus loin, retrouvez ici la page Facebook & le compte Twitter du projet !
Merci à Opalyne d'avoir porté et organisé ce beau projet !

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N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.

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