Vivre ensemble de Emilie Frèche

22 août 2018


Résumé :
« La première fois qu’ils se sont vus tous les quatre, le fils de Pierre n’a pas supporté un mot du fils de Déborah, ou peutêtre était-ce juste un rire, et, pris d’une rage folle, il s’est mis à hurler qu’il les détestait, que de toute façon elle ne serait jamais à son goût et Léo jamais son frère, puis il a attrapé un couteau de boucher aimanté à la crédence derrière lui et, le brandissant à leur visage, il a menacé de les tuer – cela faisait une heure à peine qu’il les connaissait. »

Tout le monde ne parle que du vivre-ensemble mais, au fond, qui sait vraiment de quoi il retourne, sinon les familles recomposées ? Vivre ensemble, c’est se disputer un territoire.

Moi j'en dis :
Un roman féroce qui secoue les convenances et bouscule l'ordre établi selon lequel nul compagnon n'est censé critiquer l'enfant issu d'une union précédente. Et il ne s'arrête pas là, il fait office de brise-glace du vernis social qui s'est installé après les attentats de Paris le 13 novembre 2015 et notamment de la récupération politique du "vivre-ensemble". Il nous parle aussi de la crise migratoire en Europe, de la banalisation de l’islamophobie, de la peur de l'autre et de la colère envers l'autre.

Pour cela, l'auteur nous raconte l'histoire de Pierre et Déborah, deux victimes éraflées par les attentats, qui décident de prendre la vie à bras-le-corps et pour commencer ils vont emménager avec leurs enfants respectifs : Léo et Salomon. Ils vont appliquer à la lettre le leitmotiv post-attentat : vivre ensemble !

La démarche est belle le résultat est terrifiante.

Une semaine sur deux, ils seront tous les quatre projetés dans une cohabitation qui va tourner à la guerre de territoire. L'élément perturbateur c'est Salomon, et sa mère à travers lui. Tous les dimanches, il arrive explosif comme du T.N.T, plus insupportable et instable que la semaine précédente. Déborah prend toutes les précautions qui convient pour que leur relation s'apaise, mais autant dire que c'est comme tenter de stopper les vagues avec ses mains.

La tension monte à mesure qu'on tourne les pages et le malaise aussi. Impossible de refermer le livre sans avoir eu fin mot de l'histoire. L'auteur nous tient à sa merci et nous offre une fin à la hauteur. 

Verdict : Ce roman il a la poigne et férocité de "Il faut qu'on parle de Kevin" de Lionel Shriver. C'est un roman social par excellence et dans le même temps, il dépasse le genre. Il fait plus que rapporter notre société, nos comportements en collectivité et nos rapports entre individus, il dénonce et critique sans fard les dérives et leurs effets. C'est audacieux, et c'est succulent !

Les infos : 
Date de parution : 22/08/2018
Editeur : Editions Stock
Nb. de page : 288 pages
Prix : 18€50

J'ai découvert ce roman grâce aux éditions Stock.
Merci à vous, pour cette opportunité de lecture !

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.



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