Onze jours de Lea Carpenter

5 octobre 2018


Résumé :
Pennsylvanie, mai 2011. Sara apprend que son fils unique Jason, parti combattre avec les forces spéciales américaines, est porté disparu en Afghanistan. Femme forte et indépendante, familière des hautes sphères politiques, Sara, qui a élevé seule Jason après le décès de son père, se retrouve pour la première fois de sa vie impuissante face au destin. Confrontée à l’interminable attente, assiégée par les journalistes, elle plonge dans ses souvenirs et relit les lettres envoyées par Jason durant son entraînement, espérant se rapprocher de ce fils disparu et comprendre les raisons de son engagement. Au bout de neuf jours, des nouvelles arrivent.

Moi j'en dis :
Toni Morrison a dit de ce roman qu'il était envoûtant. Je ne suis pas sûre que ce soit le terme qui convient le mieux pour habiller le roman de Léa Carpenter. Dans un sens, cela voudrait dire qu’il a du charme et c’est bien plus que ça. Et dans un autre sens, cela lui donne un côté énigmatique ou mystérieux alors qu'on en est loin.

C'est un roman précis, c'est un roman chirurgical, c'est un roman clair. L’auteur ne laisse pas de place à l’ambiguë, elle ne parle que de ce qu’elle connaît, et elle connaît l’univers militaire sur le bout des doigts. En quelques pages, elle te renverse le cœur. Quelques pages pour te raconter par les faits une situation et ainsi te faire constater. Ce roman il a la force de frappe du roman « Fin de mission » de Phil Klay et la tristesse redoutable d’« Une longue impatience » de Gaëlle Josse.

Mon cerveau a été mis en pièces par ce roman d'une puissance incroyable, d'une beauté renversante. Je n'arrive pas à mettre des mots sur mes impressions de lecture, et quoi que je dise, je ne lui rendrais pas justice.

Je n’en dirai jamais assez de Jason et de Sara, cette mère, ce fils séparé par une guerre. Séparé par l’attente.

À tour de rôle, ils prennent la parole et racontent leur cheminement, leur version des faits, jusqu’au mois de mai 2011, au moment où Jason est porté disparu. Porté disparu depuis 11 jours. 11 jours de questions, de doute, de remise en question, d’inquiétude. 11 jours pendant lesquelles Sara va reprendre la correspondance qu’ils ont entretenue durant toutes ces années de service pour tenter de cerner son fils.
De son côté, Jason se raconte, s’explique sur ses choix, sur son engagement dans les forces spéciales américaines au lendemain des attentats du 11 septembre, bien que destiné à un avenir brillant. Il nous raconte son recrutement, ses épreuves, ses réussites, ses échecs, ses doutes, ses questions, ses aspirations.

Je suis tombée amoureuse de l’idéalisme de Jason, comme j’étais tombée amoureuse d’Alex Supertramp et de sa quête de liberté absolue. Et évidemment, je suis tombée en admiration face à la force de Sara. Même dans son impuissance elle se révèle insubmersible.

Verdict : Acculé de questions et de doutes on ne peut que tomber dans ce roman. C’est une expérience de lecture qui secoue et qui bouleverse. J’en ressors différente, c’est certain.​

Les infos : 
Date de parution : 06/09/2018
Editeur : Editions Gallmeister 
Nb. de page : 272 pages
Prix : 22€

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.


Sur Instagram

© Hors les murs. Design by FCD.