La kippa bleue de David Allouche

4 décembre 2018


Résumé :
Kippour, c'est le jour que Sasha Cohen a choisi pour annoncer à son père qu'il ne croit plus en Dieu. Deux jours le séparent de cette confrontation. Au fil de ses rencontres et de ses déambulations parfois hallucinées dans Paris, se dessine le caractère d'un jeune homme impétueux et romantique qui entend conquérir sa liberté et son autonomie intellectuelle et affective. Dans les cheveux de Carla, sa muse, il fait l'apprentissage de la vie d'adulte. Le retour des identités religieuses le fera-t-il revenir sur sa décision et accepter la religion familiale, ou bien son cheminement intérieur sera-t-il plus fort et le conduira-t-il à s'émanciper ? La vérité qui lui sera finalement révélée lors de l'affrontement avec son père ne fera qu'ajouter à son trouble et renforcer sa détermination à tracer sa propre route.

Moi j'en dis :
L’histoire, c’est celle de Sacha, un jeune Marseillais de 17 ans expédié par son père en escapade à Paris pour « le salon de l’étudiant » afin de lui donner des perspectives d’avenir plus formatées. Mal lui en a pris, Sacha va profiter de ces quelques instants de liberté pour s’émanciper.

Sacha c'est un personnage solaire, un personnage lumineux, éclatant et dynamique. Bouillonnant d’hormones, il invincible, sûr de lui et confiant, c’est typiquement l’ados dont on a envie de partager la conversation quand on entend ses éclats de rire à l’autre bout de la pièce. Quand on le rencontre dans les premières pages du roman, il est au croisement de sa vie. Il ne sait pas encore ce qu'il veut, mais il sait ce qu'il ne veut pas. Il ne sait pas encore celui qu’il voudrait être, mais sait celui qui ne veut plus être. Il voudrait se délester du poids de la religion dans sa vie, pour cela, il va devoir affronter son père qui aurait bien fait de lui un rabbin. Il va le faire. Il sait déjà quand il va le faire, le jour du Kippour. Il lui reste deux jours d’insouciance, il compte bien en profiter et il nous amène avec lui dans ses déambulations parisienne.

Avec du recul, maintenant que j'ai terminé ma lecture, je peux dire que je me suis davantage retrouvée dans la philosophie et la manière de penser du père plutôt que dans celle de Sacha. Sacha, je l’ai suivi tout au long de ces pages un petit peu comme si j'avais suivi mon petit frère dans les balbutiements de sa construction en tant qu'homme, dans ses questions, ses doutes et ses insécurités. Je l’ai trouvé adorablement versatile. Difficile de le prendre au sérieux quand il change de grand amour à chaque fois qu’il croise une belle paire de jambes. Du coup, on se pose des questions sur sa crise de foi. Temporaire ou irrévocable ? N’est-ce pas tout simplement un écho à retardement de sa crise d’ados ?

Mon grand regret ? La peu de place qui est laissée à la confrontation entre Sasha et son père. J’ai avancé dans ma lecture en fourmillant d’hypothèses sur son déroulement, sur la joute verbale qui allait en découler. Et quand elle arrive, il ne se passe rien ou si peu. Il y a bien une révélation surprenante, mais elle n’a pas suffi à me contenter. Ou plutôt, elle n’a pas été suffisamment développée pour lui donner de la profondeur. J’ai eu l’impression que le soufflet était retombé.

Verdict : Ce roman c’est une petite douceur qui nous amène superficiellement dans les habitudes d’une communauté et d’une religion. Il pose des doutes (par forcément des questions) sur la foi et les dogmes qui la régisse. C’est intéressant d’autant plus que l’impertinence de l’adolescence de Sacha donne du caractère aux questions. On ne répond pas à un ados « C’est comme ça », on lui doit une argumentation. Et dans ce roman il manque cruellement cette partie-là, la partie « à décharge ». J’ai l’impression que l’auteur n’est pas allé au bout de sa démarche, il manque pour cela une bonne centaine de pages. Néanmoins j’ai passé un excellent moment de lecture en compagnie de Sacha qui m’a fait sourire plus d’une fois et à la lecture des dernières pages je lui ai souhaité sincèrement le meilleur.

Les infos : 
Date de parution : 15/11/2018
Editeur : Editions Eyrolles
Nb. de page : 168 pages
Prix : 14€

J'ai découvert ce roman grâce à l'auteur.
Merci à vous, pour cette opportunité de lecture !

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.



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