#BLOGLIFE - BILAN 2018 : TOP 10 ROMANS

5 janvier 2019


Les Suprêmes 




  • Frère d'âme de Diop David (Seuil - 16/08/2018) | Prix Patrimoines 2018, prix Goncourt des lycéens 2018.

Alfa Ndiaye et Mademba Diop, tirailleurs sénégalais et amis d'enfance, font partie d'un terrible assaut lancé un matin de la Grande Guerre. Blessé à mort, Mademba s'écroule sous les yeux d'Alfa, qui perd la raison et répand la violence sur le champ de bataille. Son retour forcé à l'arrière est l'occasion de se remémorer son passé en Afrique.

Mon avis : La force de frappe de ce roman d'à peine 176 pages est indicible, innommable, inexprimable, indéfinissable, inénarrable. Les synonymes me manquent ! D'ailleurs pour en parler de je n'aurai pas assez de superlatif.⠀

L'histoire c'est celle d'Alfa Ndiaye et de son plus que frère Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais dans la boucherie de la Grande Guerre. Dès la première page, Mademba sera blessé à mort, dans son agonie il va soumettre Alfa à un dilemme entre bienséance et charité. Celui-ci va choisir de respecter ce qu'il convient selon les usages et la conduite sociale qui lui a été inculqué.⠀

À partir de cette décision, son esprit se met à penser, à regretter, à culpabiliser et se libère de toutes les conventions sociales. Et surtout, il va faire ce que le capitaine attend de lui : le sauvage, pour de vrai, finit la comédie !⠀

La violence qu'on lui avait commandée au départ finit par faire peur dans ses propres rangs. Il sera alors invité à prendre du repos à l'arrière. Ce sera l'occasion pour lui de se remémorer son passé en Afrique et de le questionner.⠀

J'ai trouvé cette lecture absolument passionnante. L'écriture de l'auteur est riche et flamboyante. D'une originalité et d'une créativité incroyable. Sa manière de jouer avec les répétitions pour faire échos et taper encore plus fort, c'est jouissif !⠀


  • Onze jours de Carpenter Lea (Gallmeister - 06/09/2018) | Premier roman.
Pennsylvanie, mai 2011. Susan apprend que Jason, son fils unique engagé dans les forces spéciales en Afghanistan, est porté disparu. Cette femme forte et dynamique, habituée aux hautes sphères politiques, se trouve désemparée face à l'attente interminable de nouvelles. Elle se plonge dans les lettres envoyées par son fils et cherche à comprendre les raisons de son engagement.

Mon avis : Mon cerveau a été mis en pièces par ce roman d'une puissance incroyable, d'une beauté renversante. Je n'arrive pas à mettre des mots sur mes impressions de lecture, et quoi que je dise, je ne lui rendrais pas justice. Je n’en dirai jamais assez de Jason et de Sara, cette mère, ce fils séparé par une guerre. Séparé par l’attente.

À tour de rôle, ils prennent la parole et racontent leur cheminement, leur version des faits, jusqu’au mois de mai 2011, au moment où Jason est porté disparu. Porté disparu depuis 11 jours. 11 jours de questions, de doute, de remise en question, d’inquiétude. 11 jours pendant lesquelles Sara va reprendre la correspondance qu’ils ont entretenue durant toutes ces années de service pour tenter de cerner son fils.

De son côté, Jason se raconte, s’explique sur ses choix, sur son engagement dans les forces spéciales américaines au lendemain des attentats du 11 septembre, bien que destiné à un avenir brillant. Il nous raconte son recrutement, ses épreuves, ses réussites, ses échecs, ses doutes, ses questions, ses aspirations. 

C'est un roman précis, c'est un roman chirurgical, c'est un roman clair. L’auteur ne laisse pas de place à l’ambiguë, elle ne parle que de ce qu’elle connaît, et elle connaît l’univers militaire sur le bout des doigts. En quelques pages, elle te renverse le cœur. Quelques pages pour te raconter par les faits une situation et ainsi te faire constater. Ce roman il a la force de frappe du roman « Fin de mission » de Phil Klay et la tristesse redoutable d’« Une longue impatience » de Gaëlle Josse.


  • L'archipel du Chien de Claudel Philippe | Stock - 14/03/2018
Une île, dans l'archipel du Chien. Une petite communauté d'hommes vit de la pêche, de la vigne, des oliviers et des câpriers, à l'écart du fracas du monde. Jusqu'au jour où trois cadavres s'échouent sur ses rives. Bousculés dans leur tranquillité, les habitants se trouvent alors face à des choix qui révèlent leur nature profonde, leur petitesse et leur égoïsme. 

Mon avis : Dans L'archipel du chien, une voix s'élève et s'adresse au lecteur. Elle lui présente la situation, sans jugement, sans commentaire, l'effet n'en est que plus féroce. Cette voix a résonné en moi comme un écho. L'auteur est ici le haut-parleur de mille et une questions, de mille et une vérités qui gravitent autour de nous, mais que personne n'ose ni penser, ni poser.

L'histoire commence à peine qu'on est capté tout entier par le récit. Pas d'efforts à faire pour se concentrer, l'esprit est complètement captivé par les mots. Ils sont nombreux ces livres dont on dit "Il mérite d'être lu d'une traite". Ils sont peu ce qu'ils le sont vraiment. L'archipel du chien en est un ! Comment s'arrêter sans avoir le fin mot de l'histoire ? Sans savoir jusqu'où l'homme est disposé à aller pour protéger ses intérêts . 

Ce roman c'est une démonstration fine est féroce du processus que certains appliquent pour déshumaniser les migrants, ce refus de dignité qu'il est fait mourir une deuxième fois. Il aborde à merveille la prise de recul pour se déculpabiliser ; cette conscience avec laquelle on s'accommode ; ce sacrifice de l'individu pour le groupe. Ce roman fait mal à l'Homme. Il met en lumière sa vérité, sans jugement, sans commentaire.

Top 10



  • 1. La promesse de l'aube de Gary Romain (1914-1980) | Gallimard - 01/01/1971
Ce roman autobiographique met en lumière les rapports intenses entre un fils et sa mère. Elle porte tous ses espoirs et son ambition sur son enfant, qu’elle élève seule et aime d’un amour inconditionnel. A lui de devenir célèbre, de ne pas démériter et de supporter le fardeau d’un amour maternel oppressant.

Mon avis : C’est plus qu’un roman autobiographique, c’est une déclaration d’amour de l’auteur, Romain à sa mère. Une femme surprenante dont la vie entière a tourné autour d’un projet unique : donner toutes les chances à son fils d’être célèbre. Pour cela, elle l’a porté aux nues, l’a aimé d’un amour inconditionnel et oppressant. Il est certain que cet amour l’a porté à bout de bras et lui a permis de traverser les épreuves de la vie, avec une seule idée en tête : ne pas décevoir sa mère. Face à cette avalanche d’amour Romain n’avait pas d’autre choix que de réussir.

Romain est un véritable conteur. Il nous conte sa vie, et par là il nous raconte sa mère. Sa mère, une véritable énigme. D’où vient-elle ? Que fuit-elle ? Qui est le père de Romain ? D’où lui vient sa culture ? Son érudition ? Ses manières ? Sa force et sa puissance ? Elle est l’héroïne de ce roman à n’en pas douter. Il nous parle de son enfance en Pologne, son adolescence à Nice et le début de sa vie d’adulte pendant la guerre. Il a mené une vie incroyable, dont il nous partage mille et une anecdotes, mille et une confidences. Il le fait avec beaucoup d’humour. Plus d’une fois j’ai souri, plus d’une fois j’ai ri. Il le fait avec poésie. Il le fait avec arrogance.

J’ai adoré ma lecture d’un bout à l’autre. Très certainement parce que j’ai été complètement subjuguée par cet amour maternel inaliénable. Un amour qui déplace des montagnes. Un amour à la fois fondateur et dévastateur.


  • 2. Nos richesses de Adimi Kaouther (Seuil - 17/08/2017) | Prix Renaudot des lycéens 2017, prix du Style 2017
En 1935, Edmond Charlot, 20 ans, ouvre une librairie à Alger pour promouvoir de jeunes écrivains de la Méditerranée sans distinction de langue ou de religion. En 2017, Ryad, 20 ans, étudiant à Paris, est indifférent à la littérature. De passage à Alger, il doit vider de ses livres un local, tâche compliquée par la surveillance du vieil Abdallah. 

Mon avis : Ce livre c’est un bout d’Histoire, celle de l’Algérie, celle de la France, et surtout celle de la littérature. Elle est racontée par Edmond Charlot, le vieil Abdallah et le très jeune Ryad. Tous les trois, bien que dans des temporalités différentes, nous dressent le portrait d’un lieu hors du commun qui a vu naître plus d’un écrivain de la Méditerranée.

Il nous raconte le début, l’apothéose et la fin d’une aventure humaine, une aventure littéraire portée avant tout par une bande de copains. J’ai adoré ma lecture. J’ai eu l’impression de plonger dans une époque. L’auteur a su me transporter en Algérie entre 1935 et 2017, j’ai traversé ses ruelles et senti la chaleur de ses étés. J’ai eu plaisir à découvrir l’histoire de ce lieu et son créateur, découvrir les auteurs qui l’ont fréquenté, découvrir leur passion commune. J’ai adoré suivre leur essor. Je me suis réjoui des réussites et des victoires de la petite équipe. Une routine qui sera bouleversée par les événements, a.k.a la guerre l’Algérie, à partir de là j’ai eu peur, j’ai eu de la peine. Vous l’aurez compris, ce roman c’est une pépite d’émotion.


  • 3. Palestine de Haddad Hubert (Zulma - 23/08/2007) | Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2008. Prix Renaudot poche 2009.
En Cisjordanie, entre la Ligne verte et la ceinture de sécurité, une patrouille israélienne est assaillie par un commando palestinien. L'un des soldats est pris en otage et, blessé, perd tout repère, oublie même son nom. Il est recueilli, soigné et adopté par deux Palestiniennes.

Mon avis : L’histoire c’est celle d'un jeune soldat israélien prit en otage alors qu'il était en patrouille en dehors de son temps de service. Il ne devait pas être sur place, il n’est donc réclamé par personne. S’il n’est pas réclamé il n’a pas de valeur, s’il n’a pas de valeur autant s’en débarrasser. 

Il sera pourtant recueilli par une famille palestinienne où il sera invité à remplir un vide. Le vide va se transformer en acculturation psychologique. Je n’en dis pas plus.


  • 4. Bluff de Fauquemberg David (Stock - 03/01/2018) | Prix Gens de mer 2018.
A Bluff, ville portuaire de la Nouvelle-Zélande, les éléments se déchaînent. Un étranger entre dans le bar de l'Anchorage et fait connaissance avec les pêcheurs et les dockers. Décidé à prendre part à la pêche saisonnière, il se lie avec Rongo Walker, pilier de la communauté maorie, et Tamatoa, un colosse tahitien en exil. Un roman polyphonique à la gloire du Pacifique. 

Mon avis : Ce roman il avance à deux cadences, celle de l'histoire et celle de la légende. 

C'est un conte initiatique digne des mille et une nuits. On avance dans la lecture pour en savoir toujours plus. En savoir plus sur le Français, on le sait en lutte contre un flot d’images et de pensées, alors on grappille chacune de ses confessions et on attend d'en savoir toujours plus sur ses motivations, ses démons et tout simplement sur ses impressions. En savoir plus ses nouveaux acolytes. En savoir plus sur les aventures qu'ils vont devoir affronter pendant la pêche saisonnière, vont-ils trouver les langoustes, vont-ils essuyer des tempêtes, le Français va-t-il tenir le choc ? Et enfin, en savoir plus sur les légendes du Pacifique. 

J'ai trouvé ce roman passionnant. À peine commencé j'avais envie de le lire d'une traite et une fois les dernières pages en approchent, j'ai rationalisé ma lecture pour ne pas le finir trop vite. 


  • 5. Mécaniques du chaos de Rondeau Daniel (Grasset - 16/08/2017) | Grand prix du roman de l'Académie française 2017.
Le destin de plusieurs personnages : Habiba, adolescente somalienne rescapée d'un naufrage sur les côtes maltaises, Grimaud, archéologue français, qui feint de s'engager dans un trafic d'oeuvres d'art en Libye, Harry, orphelin et informateur au sein des cités d'une banlieue parisienne, ou Levent, en mission pour les services secrets turcs à Kobané. 

Mon avis : Un livre complexe, dense, riche et nécessaire.
Un livre qui traite de sujets d'actualité sans faux-semblants et avec beaucoup d'intelligence.
Un livre sur les cycles de la vie.
Un livre où l'espoir n'a pas sa place.
Et surtout, un livre orchestré brillamment.

Ici, il est question de personnages qui n'auraient pas dû se rencontrer et qui pourtant se croisent, se frôlent, s'évitent. Les actions des uns entraînent des dommages collatéraux pour les autres. Pour le monde.

Ici, il est question de migrants, de trafics en tous genres, de radicalisation, d'attentats et de sujets connexes qu'on ne soupçonne pas.

L'auteur avance pas à pas dans son intrigue. Il jette un galet à l'eau et on découvre l'écho qui se propage. Un écho dévastateur.


  • 6. La terre qui les sépare de Matar Hisham (Gallimard - 12/01/2017) | Prix du livre étranger France Inter-JDD 2017.
En 1990, Hisham Matar a 19 ans lorsque son père Jaballa disparaît. Celui-ci est enlevé et emprisonné en Libye pour s'être opposé au régime de Kadhafi. Sa famille reçoit quelques lettres, secrètement envoyées, jusqu'à ce que toute correspondance cesse brusquement. En 2011, à la chute du dictateur, Jaballa reste introuvable. L'auteur mène l'enquête. 

Mon avis : Hisham Matar, l'auteur, nous propose dans ce récit une immersion complète dans ses tourments. Des tourments causés par la disparition de son père Jaballa. Un éminent opposant au régime de Kadhafi. En raison de ses prises de positions et de son engagement il a été enlevé, emprisonné et ... Trois points de suspension, parce que justement nul ne sait ce qu'il est advenu de lui. Les quelques informations reçues secrètement par la famille s'interrompent du jour au lendemain. À partir de là commence l'enquête de l'auteur portée tour à tour par le désespoir et l'espoir.

Rapidement, on tombe dans la tristesse d'Hisham, on partage ses questions, ses doutes, ses batailles. Il ne demande pas grand-chose, juste la vérité. Cette vérité, il va la réclamer à cor et à cri, et sera épaulé par la communauté internationale. Évidemment, c'est loin d'être apprécié par les successeurs du régime.

J'ai été bouleversée par cette lecture. Bouleversée par le récit cathartique et libérateur de l'auteur. On sent qu'au fur et à mesure de l'écriture, l'auteur s'apaise (sans se résigner). Bouleversée par l'écriture sobre et simple, sans jamais tomber dans le larmoyant, alors que bon sang la situation s'y prête ! Bouleversée.

Ce livre est nécessaire. Nécessaire pour propager la voix de son auteur. Nécessaire pour que le monde prenne connaissance d'une situation. Nécessaire pour donner une infime visibilité à tous les destins brisés, tous les destins fauchés par le régime de Kadhafi. Un livre nécessaire.


  • 7. Les indifférents de Dufresne-Lamy Julien | Belfond - 01/02/2018
Sur le bassin d'Arcachon, Justine, arrivé récemment d'Alsace, rencontre Théo. Rapidement, elle intègre sa bande d'adolescents bourgeois et insouciants. Pendant plusieurs années, ils font la fête ensemble, jusqu'au jour où l'un d'eux meurt.

Mon avis : L'histoire, c'est celle de Justine, une jeune Alsacienne qui débarque à Arcachon. Projetée dans les problèmes matrimoniaux de ses parents, ce départ elle ne l'avait pas anticipé. Pourtant sa mère, cette destination, elle ne l'a pas choisi au hasard. Sur place, elle rencontre Théo, le fils du nouveau parton de sa mère. Un jeune du cru, plus bourgeois que le mot bourgeois. Il va rapidement la prendre sous son aile et se lier d'amitié avec elle. Il va l'inviter à partager les aventures des Indifférents, son crew. Avec elle, on découvre le quotidien de la bande. Ils vont devenir inséparables, partager une routine (presque) ordinaire et s'accompagner dans toutes leurs petites combines. Tout leur est permis, tout leur est accessible. Les Indifférents sont puissants, parce que intouchables ! Jusqu'au moment où un drame les touche et les divise ! Ce drame se dessine dans les premières pages et c'est lui qui va donner la cadence du récit. Une cadence qui avance selon trois temporalités : avant, pendant et après. 

La grande question étant : de quel drame il s'agit ? Grande question qui entraîne une nuée d'autres : pourquoi, comment et surtout qui ?! L'auteur arrive, avec intelligence, à susciter les questions en dispersant des indices avec parcimonie sur la gravité de la situation. Dans ce roman tout est mystérieux ! Les petits riens qui font les grands tous. Ainsi, le lecteur grappille des informations au gré de chaque confession, chaque témoignage et reconstitue le puzzle de la grande histoire, mais aussi le puzzle de l'identité des personnages. Ici, les détails comptes, rien n'est laissé au hasard. Au fur et à mesure qu'on approche de la fin, l'étau se resserre. 

C'est cruel et féroce. Ce roman il a le rythme d'un thriller et l'intelligence d'un essai sociologique. Le tout est porté par une écriture d'une sobriété titanesque. À la fois acérée et incisive tout en étant dynamique et fluide.


  • 8. Une longue impatience de Josse Gaëlle (Noir sur blanc - 04/01/2018) | Prix du public 2018 du Salon du livre de Genève.
En Bretagne, la veuve d'un pêcheur épouse le pharmacien du village. Son fils, issu de son premier mariage, ne trouve pas sa place dans cette nouvelle famille et choisit de partir en mer, comme son père. Une longue attente commence pour la narratrice qui, pour tromper son ennui, imagine le grand banquet qu'elle offrirait au retour de son enfant.

Mon avis : Un roman qui raconte le couple mère-fils quand il est séparé. Un roman d'une tristesse redoutable sur l'attente et sur la force de l'espoir. Un roman d'une beauté indicible. 


  • 9. Appelle-moi par ton nom (Plus tard ou jamais) de Aciman André | Ed. de l'Olivier - 02/10/2008
Elio, adolescent sensible et cultivé, rencontre Olivier, jeune esthète, professeur de philosophie. Ils ont en commun la littérature, la musique, leurs origines juives, et une forte attirance. En Italie, durant l'été, dans la maison familiale, Elio découvre la séduction et les affres de la souffrance. Des années plus tard, il revient sur cet épisode qui a bouleversé son existence.

Mon avis : Chaque été, les parents d'Élio, accueillent en résidence un universitaire dans leur demeure familiale. L'occasion pour celui-ci de travailler sur un projet, mais aussi d'affuter son réseau de contact auprès de la ribambelle de personnes qui gravite autour de la famille. Cette année, c'est Oliver, professeur à l'université de Columbia qui a été choisi. 

Comme de coutume, Élio va prêter sa chambre à Oliver. Ce dont il ne se doutait pas, c'est qu'il aurait envie de la partager avec lui. 

Elio, nous invite dans son intimité, et plus que ça, en ouvrant le livre on fait une immersion totale dans ses pensées. Des pensées tourbillonnantes et essentiellement tournées vers Oliver. Il nous raconte la façon dont il est envoûté par lui. Il nous raconte la passion amoureuse qui le dévore, la tension sexuelle qui l'anime et l'histoire clandestine qu'ils vont vivre. 

Dans ce roman, il y a un peu de Bonjour Tristesse de la grande Françoise Sagan ! Il y a l'ambiance, l'été, la passion amoureuse dévorante et surtout le style ! L'auteur déroule son histoire, qui a la saveur d'une autofiction, tantôt avec pudeur, tantôt de façon plus crue, toujours avec justesse. Pas de larmes, pas de drames. Le texte n'en est pas moins bouleversant.


  • 10. L'amas ardent de Mana Yamen (Ed. Elyzad - 14/04/2017) | Prix des Cinq continents de la francophonie 2017, Grand prix du roman métis 2017.

Aux abords du village de Nawa, le Don, un apiculteur, mène une existence d'ascète auprès de ses abeilles et loin des hommes. Un matin, il retrouve les corps mutilés et sans vie de ses insectes dans leur ruche. Rattrapé par le monde extérieur, il doit renouer avec ses congénères pour comprendre. 

Mon avis : Une menace sans précédent bouleverse la routine de Don, un apiculteur solitaire. Pour sauver ses ruches, il va devoir sortir de sa zone de confort et renouer avec un monde qui avait fait le choix de quitter il y a quelques années ! 

Ce thriller apicole sur fond de manigance et de tractation politique et pseudo-religieuse est passionnant ! Passionnant ! Passionnant ! ​L'histoire est captivante, les problématiques soulevées sont intelligentes (et abordées sans concessions) et les personnages sont canons. Il a le pouvoir d’une fable, celui de nous donner une leçon de façon plaisante. C’est un roman consensuel : chacun y trouvera son plaisir.

Au plaisir.

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