Les émois du mois #63

10 février 2019

LE « MOI » De JANVIER

En chaque fin de mois, un petit recap' en facette de mes lectures ! Avec en quelques lignes mes impressions sur la "meilleure" et la "moins bonne"  lecture du mois.


Janvier,

Sur twitter, j'ai lu qu'une fois le mois de janvier terminé, on peut considérer que l'année entière est passée. J'ai souri et puis j'ai réalisé, qu'on était encore en janvier . La semaine d'après on était toujours en janvier et celle qui a suivi aussi ! Sans être touchée par le Blue Monday, j'ai trouvé le mois de janvier horriblement long. Souvenez-vous, j'ai un terrain favorable à ce genre d'impression avec ma distorsion du temps. C'est dans ce contexte-là que le mois de novembre et celui de décembre ont disparu. 

En janvier, les bonnes résolutions sont passées par là : j'ai été très active sur le blog !
J'ai publié :
  • une pléthore d'avis de lecture ! 
  • mes bilans de lecture de l'année 2018 en littérature contemporaine/ classique et en bandes dessinées. Et -incroyable- je n'ai pas réussi à dresser un top 10 de mes romances favorites ! J'arrive à peine à un podium de 5 titres... 
  • le top 10 des articles les plus consultés sur mon blog en 2018. C'est la première fois que je dresse ce type de bilan et j'ai constaté avec plaisir que les articles les plus consultés reprennent toutes les facettes de mon blog : littérature, romance, albums, challenge / tag, bilans...
  • une partie du dossier sur La Romance Chorale que j'ai écrit pour le webzine Les Romantiques. La première partie sur les règles, les exigences et surtout les effets de ce procédé d'écriture. La suite se trouve dans le webzine du mois de janvier. Avec les résultats d'une petite étude menée sur un panel de lecteurs amateurs de romance que nous avons interrogés sur le sujet et l'autre des interviews de deux auteurs qui utilisent cette méthode.

Bonus :
  • Je poursuis doucement, mais sûrement mes points de lecture anarchiques, et c'est une formule qui me convient assez bien : quand je rédige mes impressions de lecture, si c'est trop succinct, op ça bascule dans le prochain "Point lecture". Parfait !
  • J'ai participé à mon premier blog tour ! Il a mis à l'honneur la dernière publication de Charlotte Orcival "Ma folie la plus sage". C'était l'occasion de publier ma première interview sur le blog. C'était une chouette expérience. Au-delà du partage de nos impressions entre lectrices, prendre part à l'élan de promotion autour d'un ouvrage (et d'un auteur) en qui je crois était très enrichissant.
  • Quelques challenges rythmes mes lectures : le Gwenlan Challenge, ma PAL de saison : PAL Hivernale 2018, le challenge Amhellie & Maryrhage et le challenge sors de cette PAL. 


Mes lectures : 

En janvier, j'ai lu ! Je sors en douceur de ma panne d'album. J'ai réalisé il y a pas très longtemps que ma panne a commencé quand mon libraire BD m'a annoncé qu'il allait quitter la librairie que je fréquente assidûment. C'était le printemps dernier. 

TOP

  • Reste avec moi de Ayobami Adebayo (Charleston - 09/01/2019)
Yejide espère un miracle. Un enfant. C’est ce que son mari attend, ce que sa belle famille attend, et elle a tout essayé. Mais quand une délégation familiale se présente à sa porte escortant une jeune femme, son univers vacille. Accepter une seconde épouse, c’est au-dessus de ses forces.⠀

Mon avis : Ô qu'il est grand ce roman ! Il porte en lui un peu d'Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie et de Baba Segi, ses épouses, leurs secrets de Lola Shoneyin, deux grands romans sur la femme nigériane contemporaine tiraillée entre modernité et tradition. ⠀

Ô qu'il est grand ce roman ! C'est un grand roman sur la réalisation de soi, sur l'émancipation féminine, sur le désir de maternité, sur la femme, sur la famille. L'auteur sous couvert d'une écriture distanciée nous livre une critique vive et féroce d'une société plus patriarcale que le mot patriarcat !⠀

L'auteur nous propose ici le portrait de Yejide, une jeune Nigériane, épanouie et sereine. Profondément optimiste et insouciante. Financièrement indépendante, elle tient un salon de coiffure réputée et très fréquenté pendant que son mari travaille dans la première banque du pays, autant dire qu'ils sont tous les deux très privilégiés. Bien qu'heureux en ménage, une ombre plane sur leur couple : les mois passent sans que Yejide ne tombe enceinte. Malgré eux, cela menace l’équilibre de leur mariage. ⠀

La menace devient concrète quand la belle-famille de Yejide la somme d'enfanter sous peine d'être suppléé par la toute nouvelle épouse de son mari. À partir de cette polygamie imposée, l'univers de Yejide bascule, ses immuables vacilles... Avec elle, on va traverser les affres de l'impuissance face au désir d'enfanter, face à cette absence de grossesse. On découvre une organisation sociale patrilinéaire, où l'homme se réalise au travers de sa filiation. On est impacté par le poids de la famille, ses ingérences et ses exigences. Le tout dans un contexte incroyable, celui d'un pays tiraillé entre coup d'État et promesse d'élection. ⠀

  • Les mauvaises herbes de Keum-Suk Kim (Delcourt - 26/09/2018)
Corée du Sud, 1943. En pleine guerre du Pacifique, le pays est sous occupation japonaise. Sun, 16 ans, est vendue par ses parents adoptifs comme esclave sexuelle à l'armée japonaise basée en Chine. Elle raconte soixante années passées loin de son pays avant de regagner sa terre natale, le récit d'une vie qui embrasse tout un pan de l'histoire moderne.

Mon avis : L'auteur nous propose un témoignage historique, entre pudeur et colère, des atrocités subies par les Coréennes lors de l'occupation japonaise pendant la Guerre du Pacifique en 1943. Elle nous raconte également le devenir de ces femmes de l'après-guerre jusqu'à aujourd'hui. Concrètement, qu'est-ce que la mémoire collective du pays a retenu de leur sort ? Et qu'en est-il de la mémoire du Japon ? C'est bouleversant et saisissant. 

Le dessin est d'une justesse incroyable. Un noir et blanc d'une luminosité prodigieuse. L'auteur parvient à glisser de la poésie dans l'horreur pour nous permettre, à nous lecteur, de la dépasser. L'atrocité est suggérée et c'est certainement plus puissant que de la dessiner.


  • Le parfum d'Irak de Feurat Alani (Nova éditions - 03/10/2018)
Recueil de mille tweets postés par l'auteur sur le réseau social durant l'été 2016, racontant sa vision de l'Irak, ses souvenirs de son premier séjour dans le pays à 9 ans et sa décision de devenir journaliste pour couvrir la guerre sur place.

Mon avis : Entre reportage et récit personnel à base de tweets, l'auteur nous raconte l'Irak. Son Irak ordinaire, son Irak glorieuse, son Irak sous les bombes, son Irak bafouée. C'est intéressant, passionnant et intelligent. L'auteur prend le temps de contextualiser les situations qu'il décrit, d'expliciter les termes pointus, de présenter les personnalités de haut rang pour donner aux néophytes toutes les clés pour le comprendre et le suivre dans son parcours. 

Le dessin est canon, c'est lui qui m'a poussé à l'achat : Chaque vignette porte en elle un message et une force auto-suffisante ! Toutefois, je dois dire que le découpage de certains doubles pages est complètement raté, avec l'axe central perdu au collage dans la reluire, c'est très frustrant, mais je chipote. 

BOF

  • Anarchie de Megan Devos : 
Une très bonne histoire dans un contexte à haut potentiel qui n'est pas exploité jusqu'au bout. J'ai trouvé l'histoire édulcorée et bien trop positive pour le contexte. Il n'arrive rien de bien grave au héros tout au long du récit. Quand l'auteur les entraîne les héros dans des situations délicates, ils les traversent sans tracas. Quand tu sens venir l'angoisse d'une scène qui va déraper... eh bien il ne se passe rien. Il y a aucune situation désespérée, aucune crise de larmes. Mon esprit n'est pas très affûté à ce genre, mais il est clairement plus sadique.

Des Chiffres

Gwenlan Challenge : 5 sur 12 livres (41%)
Ma PAL de saison : PAL Hivernale 2018 : 5 sur 20 livres (20%)
Challenge Amhellie & Maryrhage : 0 sur 60 points
Challenge Sors de cette PAL : 5 sur 60 livres (12%)

Au plaisir.

Sur Instagram

© Hors les murs. Design by FCD.