Si Beale Street pouvait parler de James Baldwin

6 septembre 2019


Résumé :
Si Beale Street pouvait parler, elle raconterait à peu près ceci : Tish, 19 ans, est amoureuse de Fonny, un jeune sculpteur noir. Accusé d'avoir violé une Portoricaine, ce dernier est jeté en prison. Quand Tish découvre qu'elle est enceinte, les deux familles se mettent en campagne, à la recherche de preuves qui le disculperont. Pendant ce temps, Tish et Fonny ne peuvent qu'attendre, portés par leur amour, un amour qui transcende le désespoir, la colère et la haine. Sensuel, violent et profondément émouvant, Si Beale Street pouvait parler a le goût doux-amer des blues tant aimés de James Baldwin. 

Moi j'en dis :
L’histoire commence, in medias res, par une visite en prison. Tish est venue dire à son compagnon, Fonny, qu’elle est enceinte. Malgré les circonstances, ils sont heureux.
Ils sont heureux parce qu’ils sont amoureux et que cet enfant à venir est la consécration de leur amour. Un amour simple et pur ; fort et féroce. Et surtout un amour puissant qui donne à l’avenir l’espoir d’un jour meilleur. Un amour qu’ils partagent depuis leur plus tendre enfance.

On apprend rapidement ce qui a amené Fonny derrière les barreaux, mais pour vous permettre d’atteindre le paroxysme de l’indignation en lisant ce roman, je ne vous le dirai pas.
Il est innocent, c’est tout ce qu’il y a à savoir.
Il est innocent, il n’y a pas de doute là-dessus.
Il est innocent et il va falloir se battre pour faire tomber les charges qui pèsent sur lui.
La bataille sera menée par tous les membres de son entourage. La seule chose qu’on demande à Fonny, c’est de tenir le coup, de tenir une nuit de plus.

L’auteur permet à un grand nombre des proches de Fonny de prendre la narration. Il jongle avec les narrateurs qui prennent la parole avec virtuosité. D’un bout à l’autre d’une phrase, le narrateur n’est pas toujours celui qu’on pense. Pour chaque bout de cette histoire, l’auteur choisit finement celui qui nous la raconte. Malgré cela, pas d’impression d’omniscience pour le lecteur. Oh non, il nous balade comme bon lui semble et on lui prend la main nerveusement (d’ailleurs, on serre cette main qui nous guide très, très, très fort).

Pour cerner les tenants et les aboutissants de l’histoire, en plus de changer de narrateur, l’auteur nous propose des allers-retours dans le temps qui nous permettent d’appréhender la vie du héros, le contexte social et sociétal dans lesquels il a grandi et ainsi, de comprendre son présent.

L’écriture est nerveuse, elle traduit l’urgence de la situation. Elle est brutale et violente. Elle est en parfaite adéquation avec le sujet et l’indignation qui en découlent.

J’ai lu ce roman en apnée.
J’ai avancé avidement pour en savoir toujours plus sur le sort de Fonny, celui de Tish.
J’ai attendu la dernière page avec l’impression d’avoir l'épée de Damoclès sur la tête.
Ce livre m’a terrassé.


Verdict : C’est un roman sur l’amour, le racisme, l’injustice.
C’est un roman poignant. C’est un roman rageant.

Les infos :
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Magali Berger.Préface de Geneviève Brisac.
Date de parution : 27 Septembre 2017
Editeur : Editions Stock - La Cosmopolite
Nb. de page : 256 pages

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.


Sur Instagram

© Hors les murs. Design by FCD.