#BlogLife | Juillet je voyage en livres 2020 - Colombie

3 juillet 2020


Cette année encore @riendetelque nous propose de voyager en littérature !

Pour la troisième année consécutive, un roadtrip littéraire s’organise autour du hashtag #juilletjevoyageenlivres depuis hier et jusqu’à la fin du mois. 

31 jours, 31 participants pour présenter un pays en 3 titres. Cette année, je n’ai eu aucune difficulté à choisir mon pays : la Colombie ! Terre de passion et de tourments, qui bataille, le sourire en étendard, pour faire table rase de son passé d’une tragique violence.




Pour vous parler de Colombie, j’ai choisi : un polar, une nouvelle et un roman. Leur point commun ? Ils revisitent à leur manière, sans fard, l’histoire du pays !


  • Le polar : « Paz » de Caryl Férey (1er octobre 2019 - Gallimard/Collection Série noire)
Résumé : Un vieux requin de la politique.
Un ancien officier des forces spéciales désormais chef de la police de Bogotá.
Un combattant des FARC qui a déposé les armes.
Un père, deux fils, une tragédie familiale sur fond de guérilla colombienne.

Mon avis : L’auteur nous propose ici une plongée fulgurante dans les abîmes de la Colombie. Ce pays de passion, au passé complexe et tragique. Il le fait de manière précise et méthodique. En effet, au-delà de l’intrigue policière, il nous donne toutes les clés historiques, politiques et économiques pour comprendre le pays. Ce qui rend le récit intéressant en plus d’être addictif.

L’histoire balance autour de deux thématiques :
  • d’un côté, la paix : le processus est amorcé. Une équipe de politiciens avisée, menée par Saul Bagader, coordonne le mouvement. Face à eux, les paramilitaires, les FARC et les narcotrafiquants ont déposé les armes.
  • de l’autre, l’hécatombe : les cadavres tombent du ciel, les morts sont mutilés, les crimes sont mis en scènes. La terreur des pires heures de l’histoire se rejoue. Lautaro Bagader, chef de la police de Bogota mène l’enquête.
L’histoire est pleine de subtilité, grâce à une palette de personnage vaste qui nous permet, ou du mois nous donne l’impression, de saisir tous les enjeux. Tous les points de vue ont la parole, le résultat est saisissant.

Pas de place à la demi-mesure. Ici, l’auteur ne nous épargne rien, les descriptions sont explicites. Cela dit, impossible d’interrompre la lecture sans y revenir rapidement pour en savoir toujours plus. Tisser les liens entre les intrigues des différents personnages. Émettre des hypothèses pour les balayer aussitôt. Appréhender les stratégies, les retournements de situations... Tout est imprévisible !

Une orchestration de génie, dont le pouvoir est la clé !






  • La nouvelle : « Mémoire de mes putains tristes » de Gabriel García Márquez (2004/Grasset)
Résumé : "L'année de mes quatre-vingt-dix ans, j'ai voulu m'offrir une folle nuit d'amour avec une adolescente vierge. Je me suis souvenu de Rosa Cabarcas, la patronne d'une maison close qui avait l'habitude de prévenir ses bons clients lorsqu'elle avait une nouveauté disponible.
Je n'avais jamais succombé à une telle invitation ni à aucune de ses nombreuses tentations obscènes, mais elle ne croyait pas à la pureté de mes principes. La morale aussi est une affaire de temps, disait-elle avec un sourire malicieux, tu verras."

Mon avis : Certainement l’œuvre de Gabriel García Márquez la plus accessible !
L’amour et la vieillesse sont célébrés ici avec poésie, dans un récit étrange, mélancolique et malicieux. Si vous avez lu, et adoré, Les Belles Endormies de Yasunari Kawabata, il vous faut faire l’expérience de cette maison close sous la plume du génie colombien.




  • Le roman : « Le Carnaval des innocents » de Evelio Rosero (21 janvier 2016/Editions Métailié)
Résumé : Le docteur Justo Pastor Proceso a tout pour être heureux. Il est gynécologue dans une petite ville du sud de la Colombie, il a une résidence secondaire, une femme coquette, deux filles et un hobby : enquêter sur la véritable histoire de Simón Bolívar. Pour le carnaval de décembre 1966, il décide de frapper un grand coup en faisant construire un char burlesque qui révélera la face cachée de Simón Bolívar : le Libérateur s'est attribué des victoires sur des champs de bataille où il n'a jamais mis les pieds, a trahi ses amis, menti sans pudeur, enlevé et violé des petites filles à peine nubiles. Pareille offense au héros national ne passe pas inaperçue : on crie au scandale, les notables se liguent contre lui, on attaque l'atelier à l'arme à feu. Pour couronner le tout, en pleine folie carnavalesque, il découvre que sa femme le trompe (avec un général et quelques autres), ses filles le méprisent et ses amis se servent de lui. On quitte le vaudeville pour la farce, mais le drame n'est jamais loin. Dans la Colombie de la fin des années 60 on préfère vivre dans le mensonge plutôt que de remettre les mythes en question. Dans ce roman à la fois ironique et totalement tragique, Evelio Rosero confirme son très grand talent de styliste et de raconteur d'histoires.

Mon avis : Dans ce roman il faut accepter de se perdre, et de se faire bousculer et d’accepter d’entendre que l’Histoire peut être légende. Celle qui se cache dans l’ombre du grand héros révolutionnaire Simón Bolívar est sombre, sale, révoltante...




Poursuivez votre roadtrip et retrouvez sur le compte de @riendetelque le récap des participations ! D’ailleurs, si vous souhaitez vous aussi prendre part au voyage et partager des titres sur un pays, n’hésitez pas à vous emparer du #juilletjevoyageenlivres !

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.

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