14 janvier 2014

Trop beau pour être vrai de Kristan Higgins


Résumé : 
Invitée à son quatrième mariage de l’année… et toujours pas l’ombre d’un cavalier pour l’accompagner ! Autant dire un cauchemar pour Grace, qui s’imagine déjà les regards apitoyés de sa famille, atterrée de la savoir toujours célibataire après une rupture amoureuse particulièrement mouvementée. Aussi Grace ne voit-elle qu’une solution pour rassurer ses parents et ses sœurs, épouvantés à l’idée qu’elle ne termine sa vie auprès de son chien Angus et de son meilleur ami gay : s’inventer un petit ami. Mais attention, le nec plus ultra des petits amis ! Riche, brillant, drôle, volontaire mais attentionné, solide mais capable d’être tendre. Cerise sur le gâteau : cet homme parfait sera littéralement fou d’elle. Bref, un innocent mensonge, pour rassurer tout le monde… Mais voilà que dès le lendemain, Grace fait la connaissance de son nouveau voisin, Callahan O’Shea. Un regard brûlant, un corps viril : cet homme a tout pour faire naître dans son esprit les fantasmes les plus torrides. Un seul détail cloche : tout juste sorti de prison, le beau Callahan est absolument infréquentable. Surtout aux yeux de la famille de Grace, qui n’attend qu’une chose : qu’elle leur présente son fiancé parfait… surgi tout droit de son imagination.

Première phrase : 
M’inventer un petit ami n’était pas nouveau pour moi.

Dernière phrase : 
Parce qu’on ne peut rien contre le « paf bing ! »… contre la certitude d’avoir rencontré l’homme parfait.

Le paragraphe :
1. Voilà, c’était reparti pour un tour. J’étais là, m’appliquant à irradier confiance en soi et séduction, posant un regard mi-amusé, mi-détaché sur ce qui m’entourait, refusant avec force l’image de la fille désespérée « recherchant de toute urgence un amoureux pour ne pas être seule au mariage de la petite sœur et de l’ex-fiancé ! Bon danseur serait un plus ».
— Excusez-moi, est-ce que vous êtes Grace ? Je suis Lester.
Je me retournai vers la voix qui venait de m’interpeller et écarquillai les yeux. Mon rythme cardiaque s’arrêta, puis repartit brutalement, mon cœur cognant contre mes côtes comme s’il battait à plus de cent quatre-vingts pulsations par minute.
— C’est bien vous, Grace, n’est-ce pas ? répéta l’homme.
— Merci, murmurai-je.
C’était un « merci » comme dans « merci, mon Dieu ! ». Je fermai la bouche et souris sottement, avant de poursuivre :
— Bonsoir. Je veux dire, oui, c’est moi. Salut, ça va bien, merci…
Voilà ! La nervosité me faisait dire n’importe quoi. Mais ce type était si… Dieu du ciel ! Devant moi se tenait un homme qui était une tentation ambulante, du genre que toute femme aimerait goûter avec de la crème fouettée et de la sauce chocolat.

2. La sonnerie de mon téléphone flotta entre nous, interrompant la conversation. Pile à l’heure. Je le sortis de ma poche.
— C’est Wyatt.
— Je te laisse.
— Non, non, reste ! insistai-je avant de décrocher.
Je n’avais pas concocté ce petit scénario avec Julian pour qu’elle n’entende pas cette conversation… du moins la fin.
— Salut, bébé, dis-je d’un ton léger.
— Salut, mon poussin, ironisa Julian au bout du fil. Je me disais que je changerais bien de nom. Je me tâte…
— Oh, non ! Est-ce qu’il va bien ? demandai-je en prenant l’air inquiet, les sourcils froncés — comme je m’étais entraînée dans le rétroviseur pendant le trajet.
— Quelque chose de plus viril, tu crois ? Je pensais à Will ou à Jack. Spike, peut-être ? Qu’en dis-tu ? poursuivit Julian.
— Je pense qu’il a de la chance de t’avoir comme docteur, lançai-je avec conviction, tout en gratifiant ma sœur d’un sourire.
— Tu trouves que ça fait trop macho ? T’as peut-être raison… Mike, alors ? Ou Mack. En même temps, si je le fais, ma mère va me tuer !
— Non, non, ça va ! Je comprends. Oui, je le leur dis… Non, ils savent tous les deux que ton métier est prenant ! Tu n’es pas…
Je m’interrompis, coulant un regard en coin vers ma sœur.
— Menuisier, repris-je, ou… mécanicien. Tu sauves des vies !
— Du calme, fillette, me dit Julian.
— Tu as raison.
— Qu’est-ce qu’il y a pour dîner ? demanda-t-il.
— Risotto, pointes d’asperges et saint-pierre. Et une délicieuse tarte que ma sœur a faite de ses blanches petites mains.
— Grace vous en apportera une part ! lança Natalie, en haussant la voix.
— T’as pas intérêt à l’oublier, je l’ai bien méritée. Tu veux qu’on discute un peu plus ? Ou tu préfères que je fasse ma demande ?
— Non, non, Wyatt, ça va. On se voit plus tard, chuchotai-je.
— Je t’aime, dit Julian. Allez… à ton tour, dis-le-moi…
— Oh… euh… pareil…

Moi j'en dis :
Ce livre je l'ai acheté encore une fois par hasard. Cette fois-ci m'a curiosité a été titillée par la promotion autour de l'auteur. Bon la promotion commerciale n'a pas trop d'effet sur moi. Je m'explique, autant quand les livres sont placardés dans les abris bus ça ne me touche pas, mais quand c'est sur la couverture du mag' Livres Hebdo, je suis tout ouïe. Ainsi, le numéro 965, annonce Kristan Higgins comme la révélation de la comédie romantique.

Il fallait donc que j'essaye. 
J'ai pris le premier livre disponible de l'auteur.

Dès les premières pages, j'étais sous le charme de Grace. Cette prof d'histoire dans une école huppée (comme un goût de déjà-vu) fan des reconstitutions de la guerre de sécessions. En moins d'un chapitre, elle est devenue une bonne copine et on assiste à ses drames avec plaisir. Vous savez comme cette copine qui porte la poisse et dont vous suivez les dernières aventures avec compassion, mais plaisir. Alors, oui ce n'est pas toujours drôle sur le coup, mais avec du recule impossible de ne pas se fendre la poire.

Grace est célibataire, c'est le drame de sa vie, enfin c'est surtout considéré comme un drame par ses proches. A chaque fois c'est la même histoire, bien qu'elle l'assume, ses proches la prennent en pitié. Je vous avoue, la pitié est amplement justifiée ! Rompre des fiançailles c'est dur, mais quand l'ex-fiancé reste dans la famille, c'est de la torture.
Et pourtant Grace le supporte, parce qu'elle est conciliante, qu'elle à une haute estime de sa famille et qu'elle leur est dévouée. A un tel point que sa frôle l'injustice.

D'ailleurs, c'est pour qu'ils arrêtent de se faire du soucis, qu'elle se lance dans le plus petit mensonge de tous les temps : elle s'invente un petit ami plus que parfait ! Certains de ses proches sont dans la confidence de son mensonge et deviennent complices, quand d'autres n'y voit que du feu..
En parallèle, elle s'inscrit sur des sites de rencontre en ligne et tombe sur des énergumènes improbables. Elle tombe aussi sur un cambrioleur qui s'annonce à sa porte en toquant et lui dit Salut...

Evidemment, la situation s'envenime pour notre plus grand plaisir. Les petits mensonges font place à des plus grands et puis des géants. Du coup, on passe un excellent moment et bien qu'on attende le dénouement avec impatiente, on ne s'ennuie pas une seconde.

Higgins ne révolutionne pas le genre, mais elle insert à son histoire une touche d'humour qu'on ne peut s'empêcher de savourer. Il y a dans son humour un côté réaliste qui ne peut que nous toucher.
Je m'explique : Les situations que l'héroïne sont loquasses, mais crédibles. Ces situations trouvent échos en nous, elles auraient pu nous arriver dans la vraie vie, ce ne sont pas des gags improbables du type "Je glisse sur une peau de banane, je tombe sur l'homme idéal doux au toucher, chou au lever".

Et puis, il faut reconnaître que les personnages sont bien construits, avec des personnalités bien tranchées et des comportements cohérents. Chacun d'eux est ancré dans un contexte familial ce qui rend le personnage profond et complet.


Verdict : J'ai trouvé ce roman drôle, terriblement drôle ! L'histoire m'a emballée parce qu'elle était crédible.

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.

2 commentaires

  1. Oh dis donc ça me donne envie tout ça :D
    j'ai envie de rire aussi ^^

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    1. Tu vas rires, soupirer, sourires. Tu vas te taper la tête quand elle dit des conneries, quand elle ne se secoue pas, quand elle s'enfonce dans ses mensonges. Mille émotions ultra légères qui te font passer un bon moment ! Promis ;)

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