Les émois du mois #58

4 août 2018

LE « MOI » de Juillet

En chaque fin de mois, un petit recap' en facette de mes lectures ! Avec en quelques lignes mes impressions sur la "meilleure" et la "moins bonne"  lecture du mois.



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  • Un moustique dans la ville de Erlom Akhvlediani
C’est plus qu’un roman, c’est un conte fait de plusieurs fables philosophiques où l’auteur nous parle de la force de la pensée, de la liberté individuelle, du destin, du poids des superstitions et des croyances, de la vie, de la mort, de l’amour et tout simplement de l’existentialité des choses et des êtres. Tour à tour absurde et sérieux, il y a dans ce roman la magie de L’écume des jours. C’est beau, c’est touchant, c’est intelligent. C’est aussi mystique et incompréhensible, comme un conte oriental, avec des éclairs de révélations qui apparaissent et disparaissent encore plus vite.
L’écriture est pleine de surprise. L’auteur s’amuse avec les figures et les effets. Il s’amuse avec le pouvoir des répétitions qui font tourner en rond son intrigue, mais qui lui donne plus de profondeur aussi, grâce à l’écho qu’il installe.

  • Souviens-toi de cette nuit de Lucie Castel (Extrait du recueil de nouvelles : Tant de raisons de s'aimer - Harlequin 06/06/2018)
J’adore Lucie Castel, dont je trouve l’écriture divine. Ici encore, en quelques pages, elle fait des merveilles ! Elle parvient à installer une histoire passionnante avec des personnages complexes, tiraillés par des problématiques existentielles. Elle ne s’encombre pas d’un contexte, d’un passé, d’un futur, elle installe son histoire dans l’instant et permet à deux personnages de se rencontrer et de se confronter. Comme dans toutes les bonnes nouvelles, la chute est imprévisible et originale.

  • Palestine de Hubert Haddad (Zulma - 23/08/2007) | Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2008. Prix Renaudot poche 2009.
L’histoire c’est celle d'un jeune soldat israélien prit en otage alors qu'il était en patrouille en dehors de son temps de service. Il ne devait pas être sur place, il n’est donc réclamé par personne. S’il n’est pas réclamé il n’a pas de valeur, s’il n’a pas de valeur autant s’en débarrasser. 
Il sera pourtant recueilli par une famille palestinienne où il sera invité à remplir un vide. Le vide va se transformer en acculturation psychologique. Je n’en dis pas plus.


BOF

  • Or et nuit de Mathieu Rivero (Les Moutons électriques - 02/04/2015)
J’ai lu ce roman avec plaisir, toutefois il y a eu des hauts et des bas. Je n’ai pas adhéré à certains rebondissements, notamment un qui couve entre nos héros dès le départ et qui est tout bonnement agaçant. Ensuite, j’ai trouvé que certains personnages étaient amené dans l’intrigue puis sous-exploité. J’ai eu deux ascenseurs émotifs avec deux légendes du monde oriental qui débarquent, pour finalement ne faire que de la figuration ! De façon générale, la galerie de personnages ne m’a pas convaincue. 

Certains trouveront la construction de l’histoire intéressante, moi ce n'est pas ce que j'en attendais : le roman commence comme un conte et se boucle en récit et ce n’est pas tout à fait les mêmes enjeux.

Néanmoins, je dois reconnaître que l’auteur s’est réapproprié l’univers du conte et il nous entraîne avec brio dans le mysticisme oriental. Il s’est également aligné sur le langage soutenu et le vocabulaire riche et chatoyant de l’œuvre originale.

Au plaisir.

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