La peau des hommes de Camille Lanvin

17 mai 2019


Résumé :
J’aimais les hommes. J’aimais leurs peaux, leurs yeux, leurs mains de bûcheron, d’intellectuel, de professeur, de collégien, de vieillard, de nomade... Chacun d’eux était une île à la dérive, un univers encore vierge de mes caresses, un coffre-fort dont je détenais la clé.

Estelle multiplie les rencontres. Qu'ils soient tendres, drôles, égoïstes ou spirituels, elle aime observer les hommes et les mettre à nu avec d'autant plus d'entrain qu’elle fuit sa propre histoire. Car l'avantage de tous ces hommes, c'est qu’ils ne sont pas  lui  : Ganaël, celui qu’elle a réussi à quitter dans un ultime réflexe de survie. L’amour de sa vie à qui elle avait tout donné. A Paris, elle tente désormais de tourner la page, et c'est à travers le regard des hommes qu'elle va chercher la femme en elle, celle dont elle a perdu la trace...

Moi j'en dis :
L'auteur nous propose une histoire qui sort des sentiers battus. L’histoire d’une mélancolie amoureuse, l’histoire d’une quête de soi par des errements sentimentaux, l’histoire d’une reconstruction parle regard des autres.

En effet, ici, la narratrice se livre dans une confession où elle relate le désenchantement de sa vie amoureuse, qui entraîne celui de sa vie tout court, quand l’amour de sa vie se délite sous l’effet de la jalousie, de la manipulation et du manque de communication... Elle le perd, elle se perd. Elle le quitte, elle se quitte. Elle s’en remet à l’amour des autres pour s’aimer elle-même. Des amours physiques éphémères qui lui apportent des moments de répit dans son désespoir. Et quand le shoot est retombé ? Elle reprend en pleine figure encore et toujours plus de peine.

L’héroïne se consume d’amour pour son Grand Amour. Elle est obnubilée par lui en son absence et ne se remet pas de ses présences. Elle tente bien de remettre sur les rails cet amour, mais chacune de ses tentatives l’entraîne vers un marasme de tristesse sans commune mesure.

Malgré tout, elle s’enferme dans un déni qui maintient cet amour au-delà de tous les autres, au-dessus de toutes les rencontres qu’elle fait. Elle est prisonnière de ses illusions et s’avilit (ce sont ses mots) à chaque nouvelle aventure, à chacun nouvel amant, en espérant se retrouver au passage. Elle dit oui, quand elle pense non, pour finalement arrêter de penser.

Ce roman c’est un maelstrom où se croisent questions et sentiments. Au fur et à mesure des pages qui défilent on s’attache farouchement à l’héroïne en lui souhaitant de s’accrocher, de trouver un peu répit, de se pardonner et de s’aimer enfin à nouveau.

C’est une héroïne d’une incroyable véracité, au-delà de ses doutes et de ses questions, son « malaise amoureux » l’a entraîné dans une grande vulnérabilité qu’elle ne parvient pas à endiguer.
À force d’avancer et de la voir répéter les mêmes erreurs ou prendre des risques inconsidérés, j’ai eu l’impression que l’histoire traînait en longueur... Et pas du tout. Son processus cathartique il prend le temps qu’il mérite ! Et c’est là où ça sent le réel.

Le roman est porté par une écriture d'une grande sensibilité, pleine de délicatesse et de douceur.

Verdict : Ce roman en plus d’être courageux, porte en lui un vrai message !

Les infos : 
Date de parution : 02/05/2019
Editeur : Editions Harlequin
Nb. de page : 320 pages

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.


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