Take Me Away de Lorraine Joy

2 mai 2019


Résumé :
La survie, Angelia connaît bien. Pendant 17 ans, elle a vécu l’enfer auprès d’un père violent, avant d’être placée en famille d’accueil.
Mais vivre le quotidien d’une lycéenne normale, elle s’en sent incapable. L’insouciance, les cours, les amis… tout cela lui est étranger.
Et malheureusement, son intégration au lycée repose sur le bon vouloir de Zac, le fils de sa famille d’accueil, chargé contre son gré de veiller sur elle. Sauf que ce garçon volcanique, à la réputation sulfureuse, l’ignore superbement. Du moins, c’est ce qu’elle croyait. Car au fil des jours, elle découvre que, sous son masque d’arrogance, Zac est capable de deviner exactement ce qu’elle ressent, et sait apaiser ses peurs. Comme s’il était lui-même hanté par ses propres démons…

Moi j'en dis :
Bon. Pour tomber sous le charme de cette histoire, il aurait fallu 200 pages en moins et surtout que l’auteur se réfrène en matière de péripéties. En effet, au bout du énième coup du sort, j’ai dû me rendre à l’évidence et admettre que cette succession de rebondissements manquait de véracité. C’est dommage, parce qu’il y a un véritable potentiel dramatique dans l’histoire ! Mais l’auteur ne sait pas s’arrêter, elle rajoute mille et une couches au drame, au point de donner à son roman un air de telenovela brésilienne. 

Je n’ai rien contre les telenovelas brésiliennes, certains auteurs font ça très bien... On avance avidement dans l’histoire, impatient de savoir quand et comment le destin va se dresser sur la route tragique de nos héros... Seulement, ici, l’imbrication est mauvaise et peu crédible. C’est l’effet « écriture en feuilleton », propre à Wattpad, avec des intrigues qui donnent l’impression de se rajouter au gré de l’avancement dans l’histoire. Au bout d’un moment, il y a une perte dans la cohérence et l’addition de rebondissement ne fonctionne plus. Ou du moins, perd l’adhésion du lecteur. 

S’ajoute à cela une écriture franchement brouillonne ! Avec beaucoup de phrases alambiquées ou malhabiles... sans parler des répétitions ! L’auteur répète sans arrêt les enjeux qui se jouent dans le quotidien de ses héros... au bout de la cinquième fois, c’est juste agaçant. J’ai l’impression que ça remet en cause ma capacité d’analyse et de mise en perspective. Mon ego n’apprécie que très peu. 

En parlant d’ego, celui du héros, Zac, est carrément insupportable et même plus ses considérations égoïstes et égocentriques sont horripilantes ! Il ramène tout à lui, systématiquement. Une fois ce constat fait, difficile de le trouver chevaleresque, même quand il est d’un soutien sans faille auprès de l’héroïne. Il faut dire que, globalement, le type est toxique. Sa personnalité est en tout point détestable, misogyne aussi possible, violent et vindicatif pour rien, il s’emporte pour tout... 

Face à lui, Angélia, c’est la pépite du roman. Elle est forte, intelligente, généreuse. Bouleversante dans ses questionnements et ses doutes perpétuels. Impressionnante dans sa lutte vers la résilience. L’auteur a parfaitement construit sa personnalité, entre faille et éclat, faiblesse et bravoure. 

Verdict : Angélia méritait tellement mieux ! Par ailleurs, dans ce roman il y a une banalisation de violence ordinaire qui est particulièrement gênante. J’ai été très mal à l’aise plus d’une fois, notamment quand la violence (verbale ou physique) était à l’encontre de femmes. Au vu du thème du roman, c’est très maladroit de la part de l’auteur. 

Bonus : le cadre n’est pas très clair... à mi-chemin entre une histoire qui se déroule sans doute en France, mais des infos franchement américaines (ou inversement selon les passages). J’admets un toc de lecture ici : ça me perturbe beaucoup de ne pas pouvoir situer une histoire.

Les infos : 
Date de parution : 02/02/2019
Editeur : Editions Harlequin
Nb. de page : 544 pages

N'oubliez pas, c'est mon avis : Aimez, détestez, peu importe respectez.
Au plaisir.


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